Dans son audience correctionnelle de ce mercredi 13 mars 2024, le Tribunal de Première Instance de Kissidougou a rendu son verdict dans le fameux dossier Ministère public contre l’infirmier d’État Alfonse Dalla Béavogui, poursuivi pour des faits d’atteinte involontaire à la vie et usurpation de titre et de fonction, faits punis par les articles 679 et 216 du code pénal.
Après avoir écouté toutes les parties dans ce procès, ainsi que la réquisition du parquet, le Tribunal a finalement déclaré l’infirmier d’État coupable des faits pour lesquels il est poursuivi et l’a condamné à 2 ans d’emprisonnement assortis de sursis.
Cependant, cette sentence prononcée par le président du TPI de Kissidougou n’est pas du goût du parquet qui la juge non proportionnelle à la gravité de l’infraction commise. Du coup, le parquet a aussitôt interjeté appel dans ce dossier qui est loin de trouver son épilogue. Le nouveau chef de parquet de Kissidougou, le très procédurier Mohamed Bama Camara revient sur les temps forts de ce procès mouvementé.

‘’A l’audience, nous avons développé nos arguments dans cette affaire pour ressortir la culpabilité de cet infirmier et la dangerosité de son acte. Nous restons convaincu qu’il a involontairement administré la mort à son patient. En outre, pour nous, l’infirmier a violé une prescription légale en se substituant à un médecin alors qu’il est simplement un infirmier d’État ; donc, il n’était pas obligé de se lancer dans un traitement qui ne relevait pas de sa compétence. Mais par contre, il aurait dû orienter le patient vers des structures adéquates pour ces genres d’intervention.
Alors, dans notre réquisition, nous avons demandé au tribunal de le déclarer coupable des faits et de le condamner à 1 an d’emprisonnement et au paiement d’une amende d’un million de nos francs. Donc, nous ne sommes pas d’accord avec ce verdict prononcé par le tribunal. C’est pourquoi, nous avons interjeté appel. Par conséquent, ce dossier sera formalisé par le chef des greffes les jours à venir et il sera transmis à la cour d’appel de Kankan’’, a-t-il déclaré.
Pour rappel, cette affaire remonte au vendredi 23 février 2024, lorsque l’infirmier d’État Alfonse Dalla Béavogui alors en séjour au village Mantaria, dans la sous-préfecture de Banama, avait administré les produits chimiques à un patient du nom de Lamine Condé. Un patient qui souffrait d’une tumeur. Malheureusement, ce traitement n’ira pas jusqu’à son terme, car le patient rendra l’âme quelques instants après avoir reçu les injections proposées par l’infirmier.
À noter que suite au décès du patient, l’infirmier incriminé a été placé sous mandat de dépôt depuis le 27 février 2024, à la maison d’arrêt de Kissidougou. Désormais, son sort se trouve entre les mains de la cour d’appel de Kankan, qui devra délibérer finalement dans cette affaire.
Depuis Kissidougou, Ousmane Nino SYLLA, pour Lerevelateur224.com.
(+224) 610 454 552
