Le procès des douloureux évènements du 28 septembre 2009 s’est poursuivi ce lundi 4 mars 2024, devant le tribunal criminel de Dixinn, délocalisé à la Cour d’appel de Conakry, avant d’être renvoyé au 18 mars prochain. Et contre toute attente, alors qu’on s’acheminait certainement vers la confrontation des parties, le ministère public a déposé une requête de requalification des faits en crimes contre l’humanité.
Cette démarche a suscité de vives réactions de la part de la défense et des parties civiles. Me Jean Baptiste Haba, connu sous le nom de Jocamey et représentant l’un des accusés, le Capitaine Dadis Camara, a exprimé la satisfaction de la défense face à cette requête.
Cet avocat a souligné que la demande de requalification des faits démontre l’insuffisance des preuves initialement présentées contre son client.
‘’Ce qui est important pour moi et réjouit la défense, c’est qu’après plus d’un an de procès, le fait que la requalification des faits soit demandée, montre à suffisance, même pour les Guinéens moyens qui n’ont pas étudié le droit, que les accusations portées contre notre client ne reposent sur aucun élément solide. C’est un point fondamental. Nous allons répondre, étant donné que ces réquisitions écrites nous ont été communiquées lors d’une audience’’, a-t-il fait observer.
De même, il n’a pas manqué de porter un regard assez critique sur le timing de la requête, non, sans regretter le manque de notification préalable qui aurait permis à la défense de mieux préparer sa réponse.
‘’Nous aurions souhaité, de manière plus élégante, que le parquet nous notifie cette réquisition dans nos cabinets respectifs, avant même l’audience. Cela nous aurait peut-être donné le temps de la lire, de la comprendre et d’y répondre oralement. Cependant, le parquet ne l’a pas fait et a préféré attendre, violant ainsi les droits de la défense’’, a-t-il déploré.
Madiou BAH.
