Bonjour, chers compatriotes, plongés dans l’indignation suscitée par la succession d’images et de vidéos qui touchent à notre sensibilité et jurent avec la pudeur et la morale publiques. On semble désormais oublier dans la passion de nuire et l’obsession d’anéantir qu’il y a des limites qu’il ne faut jamais franchir, des interdits que l’on ne peut violer, impunément.
Si l’on n’est pas rattrapé par la justice des hommes, on reste exposé au châtiment de Dieu. L’honneur des familles, l’image du pays, la réputation des uns et des autres, voilà ce qui est en cause dans le déferlement de haine que l’on subit aujourd’hui avec l’infamie d’images insoutenables, la violence de vidéos destructrices. Rappelons-nous, des paroles du Christ qui devraient nous interpeller, à chaque instant, et nous garder aussi de juger, à tout bout de champ : « Que celui qui n’a jamais pêché, jette la première pierre ». Qui n’a pas donc un cadavre dans son placard ?
L’homo sapiens a rarement brillé par sa sagesse, le respect des autres, l’amour du prochain. Mais ce n’est pas une raison, ni une excuse de piétiner le « contrat social » et de revenir chaque fois à « l’état de nature » , deux situations bien campées par Jean-jacques Rousseau dans son ouvrage de référence « le contrat social ». On a toujours le choix entre la liberté sans tabous ni scrupules de la vie de jungle et les responsables et contraintes d’une société policée. Apparemment, certains qui ne se rendent pas compte d’être possédés et déshumanisés ont décidé de tout se permettre et de ne rien s’interdire convaincus de tirer le bien du mal alors que d’autres plus vertueux, habités par la raison pure et une profonde humanité se détournent du chemin de la perdition, du cynisme et des compromissions .
L’iintimité est sacrée et si jalouse qu’elle ne peut être partagée, ni exposée. C’est pourquoi, au-delà de quatre murs et des partenaires ayant fondu leurs corps et âmes dans les secrets de la passion, l’acte de se donner l’un à l’autre, n’a rien de glorieux et ne peut être une source de fierté: la vie privée n’est pas du domaine public, encore moins, un sujet de curiosité et donc en aucun cas n’est vouée à la divulgation et des projections publiques. Ce n’est pas du théâtre ou du cinéma.
Personne ne mérite l’humiliation ou ne saurait être insensible au lynchage populaire.
Enfin, quoiqu’on dise de nous ou fasse contre nous, ceux qui nous aiment continueront de nous aimer, défendre et protéger, ceux qui nous détestent, persisteront à nous accabler et traîner dans la boue à toutes les occasions.
Ainsi va la vie, ainsi sont les hommes.
Se lier avec prudence, avancer avec vigilance, telle est l’exigence de notre époque, la posture à adopter devant un monde insondable, les hommes et femmes, toujours imprévisibles.
Au secours, de nous les pêcheurs impénitents, Dieu tout puissant et miséricordieux!
Amen.
Habib Marouane Camara, L’édito du dimanche.
