Le 28 janvier 2024, le Mali, le Niger et le Burkina Faso se retirent de la Communauté Economique des Etats de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO). La nouvelle a été apprise par les populations des trois pays à travers un communiqué conjoint des trois Etats, lu à la même heure le dimanche passé.
Je pense que cette décision des États de la nouvelle organisation de l’AES est un rêve stérile et populiste. La Communauté Économique des États d’Afrique de l’Ouest( CEADEO ) bien étant défaillante sur certaines questions notamment celles politiques et électorales, elle reste aujourd’hui l’organisation sous-regionnale qui se trouve en avance en Afrique dans le cadre de l’intégration économique dans tous les domaines de l’activité économique, notamment l’industrie, les transports, les télécommunications, l’énergie, l’agriculture, les ressources naturelles, le commerce, les questions monétaires et financières, les questions sociales et culturelles.
Les États de l’AES seront confrontés à plusieurs difficultés d’ordre naturelles et organisationnelles :
Sur plan économique, l’AES ne dispose pas un marché aussi important pour attirer des investisseurs c’est un premier aspect, Deuxièmement aspect, le principe de subcidiarité que la CEDEAO assure au niveau régional ne plaide pas en leur profit aucun investisseur sérieux ne voudra mettre ses bien dans cette anormalité.
Les États de l’AES, sont des États continentaux qui n’ont pas d’accès à l’océan ou à la mer donc , le transport et logistique seront le goulot d’étranglement , le Maroc fait des offres sauf qu’il serait très difficile de l’appliquer sur le terrain quant on sait que le Maroc n’est pas un voisin direct, l’autre alternative proposée par le Maroc aura des impacts énormes sur le prix des marchandises en ce moment le marché sera insupportable.
Sur le plan monétaire, le départ ne restera pas sans conséquences en étant membres de l’UEMOA gérée par la BCEAO.
Sur tout autre plan la CEDEAO fait les populations de ses pays membres aujourd’hui une communauté sociale , le principe de la libre circulation des biens et des personnes est très important les pays Africains ne sont pas fait sur la base des organisations post-colonisations les mêmes peuples se retrouvent dans les pays différents, les mêmes familles également y sont confrontées à la même réalité.
Le facteur temps pose un problème , dans les statuts de la CEDEAO, le départ d’un pays membre prend au moins une année tout est possible d’ici janvier 2025.
Sur le plan organisationnelle , il est vrai que ces pays vivent certaines réalités notamment l’insécurité mais, ils sont divisés sur d’autres réalités notamment la nature des régimes et systèmes politiques. Par exemple le Burkina Fasso a une société civile bien organisée à un moment donné elle est capable d’inquiéter le pouvoir de capitaine Ibrahim Traore.
La géopolitique des grandes puissances est un élément aussi importante et déterminante , aujourd’hui bien que la diplomatie française a échouée , la Russie devient un partenaire militaire sur le terrain mais , les États-Unis et les pays de Union européenne ne voudront pas abandonner aussi facilement une zone stratégique à la disposition de la Russie.
Il serait préférable pour ces pays de revenir dans la CEDEAO avec des nouvelles propositions de redynamisation en tant que membres fondateurs. Des dysfonctionnements sont constatés au sein de l’organisation sous-regionnale ils seront corrigés que par les par les pays membres au sein de de la CEDEAO.
Aboubacar Sidiki Camara, Analyste Politique.
