En dépit des viols, des violences conjugales et psy-sociales, des mariages précoces entre autres, qui constituent les ‘’VBG’’ (Violences Basées sur Genre), il existe d’autres formes de violences faites aux filles ou femmes dans les sociétés guinéennes. Il s’agit de l’union libre qui, selon l’inspecteur régional de l’action sociale de N’Zérékoré, entraine plus de conséquences que le mariage précoce.
Cette forme de violence qui a pour cible les filles ou femmes, qui est spécifique à la région de N’Zérékoré, est condamnée par Mohamed Mariam Kéita. A la question de savoir qu’est-ce que c’est l’union libre et comment engendre-t-elle des conséquences néfastes, l’inspecteur régional de la promotion féminine, de l’enfance et des personnes vulnérables a donné quelques précisions.
‘’Là, c’est sur une question qui est aussi spécifique à la région de N’Zérékoré, les unions libres. Ma mission, c’est d’interpeler la communauté de faire une prise de conscience au niveau des unions libres, parce que les unions libres entrainent plus de conséquences que le mariage précoce. C’est des enfants qui naissent dans des unions « petit mariage » où le monsieur est libre de renoncer à son devoir de parent, où la femme, elle est libre de renoncer à son devoir de parent vis-à-vis de ces enfants qui vont naitre dans ces unions. C’est ce qui fait que dans la région de N’Zérékoré, on a de sérieux problèmes dans la gestion des enfants en situation de conflits, dans la gestion des enfants en situation de rues. Parce que la majeure partie de ces enfants-là sont issues des unions libres. Et aujourd’hui, les unions libres mettent en péril l’avenir des filles de cette région’’, s’inquiète Mohamed Mariam Kéita.
Face à cette situation, l’inspecteur régional de la promotion féminine, de l’enfance et des personnes vulnérables sollicite auprès des parents, l’éducation et l’encadrement des filles pour l’avenir du pays.
‘’Donc, on invite la population de permettre à ce que plus de filles ou plus de femmes comme la Ministre du commerce, comme la Ministre des affaires de la coopération internationale, comme la Ministre de la promotion féminine, de l’enfance et des personnes vulnérables quittent à N’Zérékoré. Et là, pour y parvenir, donnons la priorité à l’éducation de nos filles, donnons la priorité à leur scolarisation. Préparons les pour l’avenir, ne préparer pas l’avenir pour les enfants. C’est l’invite-là que j’ai à lancer à l’endroit de nos communautés, car une femme bien éduquée, c’est des milliers et des milliers de familles qu’on aura dans notre pays. Et des familles, c’est le potentiel et le capital humain qui sera là, parce que tout le problème d’un pays, c’est son capital humain. Et le capital humain, pour l’avoir, il faut avoir une base familiale très solide et cette base familiale très solide, est soutenue et constituée par les femmes. Donc, ils n’ont qu’à s’investir dans l’éducation, l’encadrement des jeunes filles, avant qu’elles ne soient femmes’’, a-t-il lancé.
Pour terminer, Mohamed Mariam Kéita, inspecteur régional de la promotion féminine, de l’enfance et des personnes vulnérables, a précisé que la meilleure façon de protéger c’est de prévenir. ‘’Qu’ils prennent les dispositions pour ne pas qu’une fille, ou une femme soit victime d’une violence. C’est le travail qu’on demande, c’est l’engagement qu’on demande à la communauté.’’
Depuis N’Zérékoré, JOB BÉAVOGUI, pour Lerevelateur224.com.
