Dans son adresse à la nation du 31 décembre 2023, le chef de la junte au pouvoir en Guinée, colonel Mamadi doumbouya a annoncé la mise en place prochaine des délégations spéciales. Un processus qui pourrait intervenir selon lui, dans le premier trimestre de l’année 2024.
Depuis cette annonce, les commentaires fusent de partout dans le landernau politique guinéen. Chacun des acteurs concernés, apprécie en sa manière cette décision. Interrogé sur cette question ce lundi 08 janvier 2024, Mamadou Madjou Diallo, Secrétaire fédéral de l’UFDG à Mamou, dit ne pas être favorable à cette démarche du CNRD. Une démarche qu’il qualifie d’ailleurs de peine perdue, puisque selon lui, la mission principale d’une transition reste et demeure l’organisation des élections libres, inclusives, transparentes et acceptées de tous.
‘’Le problème aujourd’hui, c’est que le CNRD fait fi à son programme, parce que le rôle premier d’une transition, c’est le retour à l’ordre constitutionnel, c’est d’organiser les élections libres, inclusives, transparentes et acceptées de tous. Et de passer la main à un civil choisi de façon majoritaire.
Mais aujourd’hui, on voit que cela n’est plus la préoccupation du CNRD. Au lieu de se préoccuper à démettre les conseillers communaux, même si le mandat de ces gens a déjà expiré, je pense que tout cela n’est que peine perdue. Ils doivent plutôt s’atteler à l’organisation des élections, puisque le temps qui leur reste maintenant est si peu. Ils ne sont pas là pour ça et c’est pas ce que le peuple leur demande. On dit une transition, c’est venir organiser les élections et donner le pouvoir aux civils en passant par les élections.
Nous ne sommes pas favorables à cette annonce du CNRD, comme je l’ai dit, parce que cela changera quoi réellement face aux attentes du peuple de Guinée ? Absolument rien ! Le temps qui leur reste est moins d’une année. Mais nous avons compris que le CNRD est dans la perspective de mettre en place dans tous les maillons de l’administration publique, les béni-oui-oui qui leur disent ok, c’est bon, même si ce n’est pas bon.
C’est dans cette optique qu’ils sont en train de mettre en place ces délégations spéciales qui ne serviront à rien’’, a-t-il observé, avant de flinguer Kéamou Bogola Haba, coordinateur du FNDT (Front national pour la défense de la transition), qui demande la dissolution des partis politiques par la junte. Mamadou Madjou Diallo n’a pas non plus fait de cadeaux aux formations politiques, devenues selon lui, des mouvements de soutien au CNRD.
‘’Dans un pays, il faut écouter les gens normaux qui peuvent apporter un plus au peuple. Mais des gens comme Kéamou Bogola Haba, je crois qu’on ne doit pas les écouter, parce que nous connaissons tous qu’il y a des biznessman de la crise qui ne peuvent profiter que si la Guinée est en crise. Des gens comme Bogola Haba, leurs interventions ne méritent même pas de commentaire. Nous savons qui il est et ce qu’ils sont en train de faire aujourd’hui.
Et ce n’est pas seulement lui, il y a beaucoup de partis politiques qui étaient partis politiques hier, mais qui se sont transformés aujourd’hui en mouvement de soutien. Des gens qui sont prêts à applaudir à tout bout de champ le CNRD. Des gens comme Bogola savent qu’ils n’auront rien à trouver dans une élection, parce qu’ils n’ont personne derrière eux. Donc, pour eux, la crise doit continuer, parce que c’est dans cette crise qu’ils trouvent leur pain. Donc, ça ne mérite même pas de commentaire’’, a-t-il brocardé.
Depuis Mamou, Ibrahima Molota SOUMAH, pour Lerevelateur224.com.
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