Depuis le 24 décembre, les fidèles chrétiens guinéens et une bonne partie de la population sont dans la ferveur des festivités de fin d’année 2023. Sauf que, cette année, les fêtes se passent dans des circonstances très difficiles en Guinée, à cause notamment de la crise sociopolitique, de la cherté de la vie. A cela, vient s’ajouter l’incendie du dépôt principal d’hydrocarbures à Kaloum, qui a causé d’importantes pertes en vies humaines, de nombreux blessés et des dégâts matériels très considérables.
Cet incendie a également causé une pénurie du carburant dans les stations-services, réduisant ainsi la mobilisation des citoyens. Ce père de famille qui s’est confié à un journaliste de notre rédaction, explique les conditions dans lesquelles lui et sa famille passent ces fêtes de fin d’année. Nous avons croisé Antoine Iphono au marché de Bonfi, dans la commune de Matam.
‘’Je suis venu faire des achats pour mes enfants. Mais cette année, les choses sont plus dures que d’habitude, on ne gagne pas d’argent et la vie devient de plus en plus chère. Tout est cher de nos jours, moi-même j’ai peur pour notre pays avec tout ce qui se passe. Il n’y’a pas de carburant, moi ça fait plus de 5 jours que ma moto est garée à la maison, je ne gagne pas d’essence à la station-service et dans les quartiers, c’est deux fois plus cher qu´avant. C’est ma première fois de voir ça dans un pays. Vraiment, depuis que le CNRD est venu, on ne comprends rien. Au début, on pensait que ça allait marcher, mais ça ne va pas du tout, il n’a qu’à faire vite, organiser les élections et partir. Parce que même avec l’ancien régime, ce n´était pas comme ça’’, a-t-il déploré.
Face à cette situation, ce père de famille invite le CNRD et son président à penser au peuple de Guinée. ‘’Moi, je lance un appel au CNRD de penser à la population du bas quartier, il doit comprendre que c’est le peuple de Guinée qui a applaudi le 05 septembre, mais j’ai l’impression qu’ils ont oublié le soutien des guinéens. Je prie Dieu aussi que l’année prochaine soit différente de cette année, parce que la Guinée a beaucoup souffert cette année et que tout ce qui s’est passé en 2023 soit un lointain souvenir pour tous les guinéens’’, a formulé Antoine Iphono.
Cette année encore, comme en fin 2022 et peut-être pire même, certains Guinéens vont dire au-revoir à 2023, dans une conjoncture économique qui ne dit point son nom.
Mohamed Fofana, pour Lerevelateur224.com.