Vous êtes nombreux à le voir de cette manière, à raison ou à tort.
Je vais être honnête, j’ai aussi longtemps pensé que le problème, c’est la démocratie occidentale, mais je n’en suis plus autant convaincu.
Revenons sur les conditions de l’arrivée de la démocratie occidentale en terre africaine.
Après les indépendances, la plupart des pays africains ont adopté des constitutions inspirées du modèle occidental, avec des principes de séparation des pouvoirs, de pluralisme politique et de respect des droits de l’homme.
Mais ces constitutions ont vite été bafouées par des régimes autoritaires, qui ont instauré des partis uniques, des coups d’État et des violations des libertés fondamentales.
Ce n’est qu’à partir de 1990, sous la pression des bailleurs de fonds internationaux et des mouvements populaires, que l’Afrique a connu une vague de démocratisation, marquée par l’organisation de conférences nationales, la tenue d’élections multipartites et la libéralisation de l’espace public.
Mais depuis que ce système est en place, combien de pays ont réellement respecté le contenu des textes ?
On assiste partout à des restrictions des libertés.
La liberté d’association.
La liberté d’expression.
La liberté de déplacement.
La liberté d’opinion.
Voici le vrai problème : les africains ont réduit la démocratie au simple fait d’organiser des élections.
Et même ça, on y arrive pas.
Parce qu’on ne respecte pas la volonté du peuple.
Parce que certains estiment être ceux qui doivent diriger au détriment des autres.
Parce que l’intérêt personnel est plus important que la nation.
A nous !
Nous, les africains, qui avons adopté des constitutions qui garantissent des droits et des libertés, mais que nous ne respectons pas.
Nous, les africains, qui organisons des mascarades électorales qui deviennent sources des contestations et des boycottes.
Nous, les africains, qui nous plaignons de la corruption, de la pauvreté, de l’insécurité, mais qui ne faisons rien pour les combattre.
Nous, les africains, qui nous réfugions dans le fatalisme, le tribalisme, le clientélisme, mais qui ne cherchons pas à nous unir, à nous éduquer, à nous mobiliser.
Nous, les africains, qui accusons les autres, les anciens colonisateurs, les nouveaux impérialistes, les institutions internationales, mais qui ne prenons pas nos responsabilités.
Nous, les africains, qui rêvons d’un avenir meilleur, mais qui ne travaillons pas pour le construire.
La démocratie occidentale en Afrique, ce n’est pas de la merde.
C’est une chance !
Une chance de nous inspirer d’un modèle qui a fait ses preuves ailleurs, mais qui n’est pas parfait.
Une chance de l’adapter à nos réalités, à nos cultures, à nos valeurs ancestrales.
Une chance de la transformer, de la réinventer voire de la dépasser
Le problème, ce n’est pas la démocratie occidentale.
Le problème, c’est nous.
Et seulement nous, avons la solution.
Falilou DIALLO, Brand Content
