Le procès des douloureux évènements du 28 septembre 2009 se poursuit au tribunal criminel de Dixinn, délocalisé à la Cour d’appel de Conakry. Ce mardi 12 décembre, le Général Ansoumane Kaba, chef d’état-major de l’armée de terre au moment des faits a fait son témoignage à la barre.
Au sortir du tribunal, les avocats du capitaine Moussa Dadis Camara, -président de la transition au moment de la commission du massacre-, n’ont pas manqué de commentaires. Pour Me Pépé Antoine Lamah, les deux derniers témoins appelés à la barre, n’ont pas confirmé les charges retenues contre son client en ce qui concerne notamment les recrues de Kaléah.
‘’Nous avions eu à faire avec un homme qui s’est montré beaucoup plus réserver sur plusieurs questions qui intéressaient le tribunal dans le cadre de la manifestation de la vérité. Nous pouvons tout de même retenir que le Général Ibrahima Baldé n’a pas fait un témoignage à charge contre le président Moussa Dadis Camara. La réponse donnée à l’une de mes questions à plutôt contribuer à élargir d’avantage le champ d’innocence du capitaine Moussa Dadis Camara. L’accusation est montée sur des procès-verbaux qui soulignent que le président Dadis aurait une milice à sa solde parlant des recrues de Kaléah. Mais nous avons entendu le Général Baldé dire qu’une partie des recrues était reversée à la gendarmerie nationale et que cette situation s’est déroulée pendant que le capitaine Moussa Dadis n’était plus aux affaires. C’est une déclaration qui vient balayer d’un revers de la main les fallacieuses accusations portées contre la personne du capitaine Moussa Dadis Camara. C’est le lieu de dire que ce recrutement est stigmatisé pour rien. Le chef d’Etat major des armées avait dit qu’une partie de ces recrues est aujourd’hui reversée dans l’armée. Et aujourd’hui, c’est le chef d’Etat-major à l’époque de la gendarmerie nationale qui dit également qu’une autre partie était reversée à la gendarmerie nationale et se sont les régularisations qui ont été faites pendant que le capitaine Moussa Dadis n’était plus aux affaires’’, a soutenu Pépé Antoine Lamah.
Lors de sa comparution à la barre du tribunal criminel de Dixinn, délocalisé à la Cour d’appel de Conakry, le Général Ansoumane Kaba a apporté peu d’éléments au tribunal pour la manifestation de la vérité. Une attitude qui a déçu la partie civile. En tout cas, à en croire Maître Alpha Amadou DS Bah, le témoin aurait dû être poursuivi au même titre que les autres accusés.
‘’Nous sommes assez surpris de la réaction du chef d’état-major d’autant plus qu’il occupait un poste très important. Il a certainement beaucoup d’informations qu’il a refusé de livrer au tribunal. C’est vraiment dommage puisqu’il aurait pu nous dire notamment comment les corps ont quitté au camp Samory, puisque les corps dont on parle ont été amenés au camp Samory. Malheureusement, il a refusé de dire la vérité. Nous avons tenté par tous les moyens de lui poser des questions, afin qu’il se rappelle qu’il a un devoir envers la Nation. D’ailleurs, c’est quelqu’un qui aurait dû être poursuivi au même titre que ceux qui sont à la barre de ce tribunal. Nous sommes quand même déçus de son témoignage. Moi, je pense que les victimes qui sont passées ont donné beaucoup, même si les témoins là réfutent certaines réalités. Il reviendra au tribunal d’apprécier’’, a-t-il déploré.
Mohamed FOFANA, pour Lerevelateur224.com.
