Deux ans après sa prise du pouvoir en Guinée, le CNRD, à sa tête le Colonel Mamadi Doumbouya, fait face à de nombreuses critiques au sein de l’opinion publique. Sa gestion solitaire de la transition, son manque de dialogue avec les vrais acteurs sociopolitiques, sont autant de faits qui lui sont reprochés par des observateurs avertis.
Visiblement agacée par cet état de fait, l’alliance nationale pour l’alternance et la démocratie (ANAD) semble en avoir marre. C’est en tout cas ce qu’a fait savoir Cellou Baldé, coordinateur des fédérations de l’intérieur de l’UFDG, parti membre de cette coalition politique, ce jeudi 30 novembre 2023.
Lors de son intervention chez nos confrères de Djoma médias, Cellou Baldé a consacré une partie de sa communication à dénoncer la mauvaise foi des autorités de la transition, en ce qui concerne le retour à l’ordre constitutionnel.
‘’Nous sommes arrivés au constat de devoir, alerter l’opinion nationale et internationale, quant à la situation sociopolitique de notre pays. Il est encore temps d’alerter les autorités de la transition, à sa tête le colonel Mamadi Doumbouya. Car, nous constatons que les autorités n’ont plus comme objectif de travailler pour le retour à l’ordre constitutionnel aujourd’hui, ce qui est en train d’être fait, ne va pas dans le sens de restaurer l’ordre constitutionnel. Il est nécessaire de travailler pour que lorsque l’agenda dynamique arrivera en décembre 2024, nous ayons des autorités civiles légalement et légitimement établies. Cependant, en examinant l’agenda dynamique et ses 10 points, ainsi que le délai imparti jusqu’à présent, nous n’avons pas d’avant-projet de Constitution annoncé au peuple de Guinée.
En parlant d’élection constitutionnelle et de loi électorale, il est essentiel d’avoir d’abord un avant-projet de Constitution ou une constitution à soumettre au référendum. Actuellement, nous ne disposons pas de fichier électoral, ni d’organe électoral. Lorsqu’on a un avant-projet pour aller vers une élection, même s’il s’agit d’un référendum, il est nécessaire de disposer de fichiers électoraux et d’organes de gestion des élections conformément à nos lois nationales’’, a-t-il déclaré.
Poursuivant, il a précisé qu’aujourd’hui, on a l’impression que les autorités de la transition, depuis le CNRD, jusqu’au gouvernement, ont préféré écouter le serein prolongation. ‘’J’avais dit ici, cela fait 2 ans, qu’il fallait faire attention au serein prolongationniste. Aujourd’hui, quand je prends des prévisions du FNDT qui sortent, c’est pour préparer un nouveau chronogramme, un nouveau agenda, pour dire que nous avons consommé 25 mois pour ne rien faire. Aujourd’hui, quand on prend tout ce qui est en train d’être fait en termes de violation de liberté, il est facilement aisé de déduire que la Guinée est en train de devenir la Birmanie de l’Afrique’’, a-t-il dénoncé.
À la question de savoir si le peuple de Guinée peut compter sur l’ANAD pour une éventuelle sortie de crise, il répond : ‘’Bien entendu, l’opinion publique peut compter sur nous. L’opinion publique a toujours compté sur nous. Il faut savoir que nous ne sommes pas une classe politique d’armée, nous sommes une classe politique d’armée d’arguments, une classe politique d’armée de projets de sociétés, une classe politique armée, en tout cas, de volonté de dialoguer pour sortir le pays du bourbier dans lequel nous sommes aujourd’hui’’, a-t-il assuré.
Gnama KABA, pour Lerevelateur224.com.
