Le non-lieu dont vient de bénéficier Yahya Sow, ancien ministre du CNRD, est une mauvaise nouvelle pour le Premier ministre, Bernard Goumou qui l’avait épinglé dans un dossier de corruption ayant servi de prétexte à l’évincer du Gouvernement qu’il dirige. Car cette décision, arrivée à la veille d’un remaniement ministériel annoncé, pourrait ne pas être un hasard de calendrier. L’enjeu dans ce feuilleton à multiples rebondissements, n’est pas que judiciaire. Peut-être que le ministre amorce son come-back dans l’écurie gouvernementale.
L’ancien ministre des infrastructures a été renvoyé, au moment où il avait commencé à pousser des ailes, au point de postuler, ouvertement, pour la Primature. On imagine donc jusqu’où il s’est senti mal dans sa peau d’avoir été destitué qui plus est dans des circonstances peu honorables pour lui , accusé d’avoir trempé dans une scabreuse affaire de corruption. Il n’avait pas manqué d’ailleurs de crier dans les médias au complot pour délit de faciès et incompatibilité d’humeur pour ne pas dire d’intérêts avec son premier ministre. C’est vrai que celui-ci s’était délecté des malheurs d’un ministre qui semblait lui faire de l’ombre , paraissait aussi contraier ses intérêts et ceux de ses protégés. C’est ce que Yahya sow avait insunié dans sa réplique contre son présumé bourreau. Il peut, à présent, se frotter les mains. Par contre, Bernard Goumou, avec la victoire de son illustre victime sur lui, est désormais sur une pente glissante. Un échec qui vient s’ajouter à d’autres casseroles qu’il traîne.
Selon de nombreuses indiscrétions, le Colonel Mamadi Doumbouya n’a mis fin à sa collaboration avec un de ses ministres préférés que parce qu’il n’avait pas le choix. S’il tenait à son ministre, il ne voulait pas avoir l’air de le couvrir ou d’entraver les poursuites engagées contre lui. La rançon de la rigueur et de l’exemplarité qu’il n’a de cesse prôner. Il s’est donc résigné, la mort dans l’âme, à suivre les recommandations intéressées de son Premier ministre qui l’a convaincu de la culpabilité de Yahya Sow. Même si d’autres voix avaient soupçonné la cabale, le réglement de comptes.
Maintenant que le ministre, tombé en disgrâce, a été mis hors de cause, comment doit se sentir le Premier ministre, à l’origine de sa dénonciation ? Comment pourrait réagir le Président de la transition en droit de se sentir trahi ? Une des options est bien de reprendre Yahya Sow dans son équipe et de se séparer de Bernard Goumou devenu un gros caillou dans ses chaussures.
En tout cas, le non-lieu, ne clôt pas le chapitre. L’affaire ne fait que commencer et réserve des surprises qui feront le bonheur de l’un et le malheur de l’autre des protagonistes.
A suivre.
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