Depuis l’annonce du prêt des 5 000 milliards de francs contracté par l’État guinéen auprès des banques primaires de la place, les réactions fusent de partout chez les économistes. Des réactions autour de cette opération mise en place par l’État via le ministère de l’économie et des finances et la Banque centrale de la République de Guinée (BCRG).
Interrogé ce mardi 24 Octobre 2023 par nos confrères de Djoma médias, Abdoulaye Guirassy, Économiste, a estimé que cette opération ne pourrait apporter que des dommages à la banque centrale de la République de Guinée.
‘’Avec cette somme, l’État va avoir la disponibilité de fonds nécessaires pour finaliser les projets en chantiers. Donc, l’État est gagnant, mais qui est perdant ? C’est la banque centrale qui en sort perdante. En terme d’indépendance, elle est prise entre des tirs croisés. Non seulement l’État l’oblige à l’aider un peu à monnayer ses fonds là, donc, il l’oblige à faire quoi? A baisser ses réserves obligatoires de 15 à 13%. Ça, c’est un choc terrible à son indépendance.
Deuxième perte, les banques également ont exigé de la banque centrale, d’abaisser le taux de recteur de 11,5 à 11%. Normalement, les seuls intérêts qui doivent motiver la banque centrale à baisser ses réserves obligatoires, c’est uniquement l’impératif de politique monétaire, le contrôle de la liquidité, mais pas sous injonction d’une corporation bancaire et de trésor public, non, pas du tout’’, a asséné M. Guirassy.
Selon l’économiste, la banque centrale doit avoir l’œil sur les banques commerciales pour éviter l’inflation. ‘’Ce qu’on ne vous dit pas souvent, c’est que l’essentiel des créations monétaires est effectué par les banques commerciales. Si vous prenez les 100% de la masse monétaire, tenez-vous bien, les 90% de la création monétaire sont créés par les banques commerciales sous forme de monnaie sculpturale. Donc, la banque centrale doit avoir un œil regardant sur les banques commerciales, afin de limiter les capacités de création monétaire. Sinon, il va y avoir trop de monnaie en circulation et la conséquence c’est l’inflation.
La banque centrale a des canaux qu’on appelle l’instrument de politique monétaire, l’encadrement de crédit. A dire de façon rigide, telle banque a droit de donner tel nombre de crédits limité’’, a-t-il assuré.
Mieux, Abdoulaye Guirassy a aussi signalé que cette opération n’aurait pas été possible, si la BCRG n’avait pas diminué le taux de réserve obligatoire de 15 à 13%.
Mohamed FOFANA, pour Lerevelateur224.com.