Dans la commune urbaine de Boké, nombreux sont des enfants qui revendent des articles de tout genres dans les différents marchés de la ville. Si certains vendent pour eux-mêmes, d’autres par contre sont exploités par leurs familles.
Pourtant, l’exploitation des enfants est un phénomène qui consiste à utiliser un enfant pour des fins personnelles. À Boké, cette pratique a pris une proportion très inquiétante. Il suffit juste de faire un tour au marché central pour constater cette réalité. Rencontrée au marché hangar, une fille âgée entre 7 et 10 ans, qui a souhaité garder l’anonymat, est revenue sur les raisons qui l’ont poussées à vendre de l’eau dans ce centre de négoce.
‘’Moi, je revends pour aider ma mère. Mon père est décédé depuis 2 ans. Après l’école, je viens au marché hangar ici pour prendre de l’eau glacée avec ma mère. C’est dans ça, j’ai payé mes fournitures scolaires. Ma mère est seule et nous sommes nombreux. C’est elle qui nous prend tous en charge. C’est pourquoi, je revends de l’eau glacée pour l’aider’’, a-t-elle assuré.
Contrairement à son prédécesseur, cette autre fille vit avec sa tante. ‘’C’est elle qui m’oblige à venir revendre dans ce marché. Mes parents sont décédés. C’est pourquoi, je suis venue à Boké ici auprès d’elle. Ma tante n’a pas accepté de me faire rentrer à l’école. C’est seulement ses enfants qui sont à l’école. Moi je revends du « djindjan » au marché ici. Quand je finis de revendre, j’envoie l’argent à la maison …’’, a-t-elle souligné.
Père de famille, Fodé Camara déplore cette situation et interpelle les chefs de familles à veiller sur leurs enfants. ‘’Cette situation est vraiment déplorable. Voir ces enfants, qui, normalement, doivent aller à l’école revendre des articles qui n’atteignent même pas 20.000 GNF, est vraiment inquiétant. Je demande aux parents de veiller sur leurs enfants. Ils n’ont qu’à envoyer leurs enfants à l’école, parce qu’ils sont l’avenir de ce pays…’’, a-t-il laissé entendre.
Malgré la présence massive des organisations de défense des droits des enfants dans la ville de Boké, ce phénomène reste toujours d’actualité.
Depuis Boké, Saïkou Bah, pour Lerevelateur224.com.