Dernièrement, le gouvernement de transition a contracté 5 000 milliards GNF auprès des banques primaires de la place. Cette opération de l’État guinéen, via la Banque Centrale et le ministère de l’Economie et des Finances, fait couler beaucoup d’encre et de salives chez plusieurs économistes.
Dr Ibrahima Sangaré, économiste senior dans l’Eurosystème au compte de Luxembourg et chercheur associé à l’école d’économie de Bordeaux en France, estime que cette opération est très grave pour l’économie guinéenne.
‘’Je pense que c’est une opération qui est très grave pour l’économie guinéenne. Je considère que ceux qui ont mis ça en place, cherchent à séduire le président plutôt qu’à faire l’économie. On a fait circuler que l’opération là est normale, je dirai que ceux qui disent cela ont un problème de professionnalisme ou ils ont un problème avec l’honnêteté’’, a-t-il déclaré chez nos confrères de Djoma médias.
Poursuivant, le spécialiste de la stabilité financière et de la macro-économie, explique ce qui serait normal. ‘’l’opération normale c’est que, un État peut avoir des déficits, donc les recettes sont inférieures aux dépenses et puis on a un déficit primaire hors intérêt de la dette. Donc, dans ce cas, il faut chercher un financement. On peut se financer par la dette, c’est ce qui est normal.
Ce qui est anormal dans cette opération, c’est le fait de recourir directement aux réserves obligatoires des banques, déposées à la banque centrale qui est un filet de sécurité pour les déposants, mais aussi, un instrument de politique monétaire de stabilité financière’’, a analysé M. Sangaré.
Par ailleurs, l’économiste soutient que les conséquences de ce genre d’opération sont catastrophiques. ‘’D’ailleurs, vous verrez que dans l’histoire de la Guinée, c’est la première fois qu’on ponctionne dans les réserves obligatoires. A chaque fois qu’on essaie de faire ça, en matière de politique monétaire ou en matière de financement de l’État, on connaît le résultat : c’est l’inflation, la dépréciation de la monnaie’’, a précisé Dr. Ibrahima Sangaré.
Mohamed FOFANA, pour Lerevelateur224.com.