Pendant 50 ans , le peuple de Guinée placé sous le régime impitoyable de l’indigenat effectua des travaux forcés dans les plantations et les carrières pour les colons français dans une précarité dégradante. Il servit aussi de bêtes de portage avec des pas rythmés par les coups de fouet. C’était le temps de l’humiliation, de la privation et de la chosificatiion. Les Guinéens étaient astreints à travailler dans des conditions abominables pendant des mois, voire des années, sans recevoir le moindre salaire. Ni les personnes âgées, ni les femmes enceintes, ni les enfants n’étaient épargnés.
Les conséquences de ce système étaient entre autres : incapables de travailler leurs propres terres, les personnes astreintes au travail souffraient de semi-famine chronique et de maladies, et les fausses couches étaient fréquentes. Les habitants étant envoyés loin de chez eux pour travailler, les villages et autres structures sociales se désagrégeaient, d’autant que certains ne revenaient jamais. Nombreux étaient ceux qui franchissaient les frontières dans l’espoir d’échapper à ce qu’on appelait l’impôt travail, laissant les villages abandonnés et les campagnes dépeuplées.
L’école ne servait qu’a la formation des cadres moins car le nègre ne pouvait rivaliser dans le domaine de la science avec son maitre.
Voulant mettre un terme à cette descende aux enfers de leurs concitoyens, le syndicaliste Sekou Touré et ses compagnons regroupés au sein du PDG RDA aides plutard par d’autres formations politiques telles le BAG de Barry Diawadou, la DSG de Ibrahima Barry décidèrent de prendre le destin de tout un peuple en disant Non à la communauté français proposée le Général DeGaulle a travers un référendum organisé le 28 septembre 1958. Si d’autres territoires étaient partagés sur la question (comme le Sénégal ou le Niger), il n’y avait nulle part ailleurs un parti de masse orienté majoritairement vers le Non.
Par ce choix historique et pionnier, la Guinée acceda à l’indépendance le 2 octobre 1958. Et le 12 décembre de la même année, elledeviendra le 82ème pays membre des Nations Unies. La France, qui avait songé à utiliser son droit de veto, s’est finalement abstenue ; les quatorze autres membres du Conseil ont voté pour.
Sabotée par la France revancharde, son président, Sékou Touré, se tourne alors simultanément vers les pays africains notamment le Ghana, les pays de l’Est comme de l’Ouest pour obtenir sa reconnaissance et la conclusion d’accords de coopération. L’Union soviétique et ses satellites, puis la Chine répondent favorablement. Cet appui se matérialise dès 1959 par une série d’accords commerciaux (envoi de matériels, de textile et de biens de consommation en échange de produits agricoles), industriels et culturels (briqueterie, centrale électrique, imprimerie « Patrice Lumumba « , etc.) et sur la sécurité (appui des services de la Sécurité tchécoslovaque). La suite de l’histoire est connue de tous.
Par Khalil KABA