À l’occasion de la 78ème session des Nations-Unies à New York, jeudi dernier, le chef d’État guinéen, le colonel Mamadi Doumbouya, président de la transition, a porté haut le flambeau guinéen devant la tribune des Nations unies. Dans son discours panafricaniste, l’homme du 5 septembre a tenté de justifier à sa manière les raisons de la recrudescence des Coups de force dans les États africains au cours des cinq (5) dernières années. Un discours qui sonne comme une révolte contre les grandes puissances et leurs politiques en Afrique.
Comme on pouvait s’y attendre, au lendemain de sa prise de parole, dans la commune urbaine de Kankan, cette actualité est diversement appréciée de part et d’autres par les acteurs sociopolitiques de la région. Sékou Aïcha Cissé, jeune activiste de la Société Civile, pense que cette prise de parole du président de la transition est purement ratée.
‘’Moi, je suis très peu satisfait de cette sortie du président de la transition. Quand on sait que l’opportunité lui était donnée à cette tribune, en tant que président de la transition, de faire le bilan des actions en cours dans l’optique d’un retour à l’ordre constitutionnel et qu’il est passé à côté. J’en suis vraiment écœuré. Il est bien vrai qu’il faille dénoncer certains agissements de la CEDEAO dans la sous-région, mais, de là à aller s’attaquer et ne pas reconnaître les efforts qui sont en train d’être fournis par les partenaires techniques et financiers dans la mise en œuvre du chronogramme de la transition, je pense tout simplement que c’était une sortie ratée’’, a-t-il déploré.
Contrairement à son prédécesseur, Mamady Tounkara, coordinateur régional de l’ONG Mêmes Droits pour Tous à Kankan, apprécie cette prise de parole du président Doumbouya.
‘’Nous avons suivi les déclarations du président Mamadi Doumbouya à la tribune des Nations-Unies avec beaucoup de sérénité. Personnellement, j’ai trouvé que ça a été un discours largement à la hauteur des attentes. Il s’est situé au juste milieu. Car de nos jours, dans les relations internationales, il faut faire beaucoup attention à ne pas décliner son appartenance à un camp. Surtout quand il a dit que nous ne sommes ni pro-américains, ni pro-russes, ni pro-français, etc. que nous ne sommes que des pro-Africains. Je pense que ça veut tout dire. Donc, ce discours est remarquable et mérite d’être salué’’, dira-t-il.
Pour sa part, Sory Sanoh, membre du bureau régional du RPG Arc-en-ciel et ex-préfet de N’Nzérékoré et Kérouané, a laissé entendre sa frustration.
‘’J’ai été le premier à dire, quand la nouvelle du départ du colonel a été officialisée pour aller prendre part à l’Assemblée des Nations Unies, que c’était une très bonne chose. Mais je suis tombé de nue quand j’ai suivi ses déclarations à la tribune. D’abord, il n’a rien dit sur le déroulement de la transition. Rien sur ces nombreuses promesses du 5 septembre qu’il ne respecte pas. Il dit qu’on n’est pas pro-français, ni pro-américains, etc. Mais moi, je suis désolé, je m’inscris en faux. Juste pour nous jeter de la poudre aux yeux. On est bel et bien pro-français. Sinon, pourquoi la France durcit le ton contre les quatre autres pays où il y a récemment eu des coups d’État en Afrique, au Mali, au Burkina Faso et au Niger ? Notre président a une femme française et il est un pur produit de la France en tant que légionnaire. Il est pro-français. Selon moi, à travers son discours, il n’a fait que donner raison à ceux qui ont toujours dit qu’il avait l’intention ferme de s’éterniser au pouvoir’’, dit-il.
Depuis Kankan, Gnama Kaba, pour Lerevelateur224.com.
