Après la suspension de deux (2) magistrats le mois d’août dernier par le garde des sceaux, ministre de la justice et des droits de l’homme, l’association des magistrats a appelé à la cessation de toutes activités dans les cours et tribunaux à l’échelle nationale. Depuis lors, jusqu’à maintenant, c’est le blackout totale au tribunal de première instance de Kankan et à la cour d’appel.
En effet, cela va faire bientôt 2 mois que le bras de fer perdure et les citoyens en paient le prix fort. Dans la commune urbaine de Kankan, cette paralysie de l’appareil judiciaire qui perdure depuis, ne laisse pas les acteurs de la société civile du Nabaya indifférents.
Lamine Tounkara, coordinateur régional de l’ONG même droit pour Tous, mécontent, déclare que c’est une situation vraiment préoccupante qui doit interpeller le gouvernement de Bernard Goumou.
‘’Déjà, bien avant la grève des magistrats, si vous voyez la surpopulation carcérale dans les différentes prisons aujourd’hui en Guinée, vous pouvez vous posez la question par rapport au respect des droits de l’homme, déjà si on a tous ces problème, en plus de cela, il y a un arrêt des activités de la justice sur toute l’étendue du territoire, c’est vraiment déplorable’’, a-t-il déploré, avant de préciser qu’ au-delà du fait que ‘’cela engendre beaucoup de violations au niveau de la détention, mais aussi, il y a des citoyens qui ont besoin des services judiciaires. Dans le domaine civil, les problèmes de revendication, des propriétés des terrains, des problèmes de documents administratifs comme des casiers judiciaires et tant d’autres’’.
‘’Donc, j’interpelle les autorités de prendre la situation à bras le corps et penser au justiciable, aux citoyens avant tout, car la situation a trop perduré et sa mérite d’être réglé le plutôt possible, pour une question même de conformité de l’Etat guinéen à ces engagements sur le plan international à travers les différentes conventions’’. a-t-il ajouté.
De son côté, Dr Lonceny chérif, président de la société civile antenne Kankan, a laissé attendre que : ‘’cette grève perdure, mais en tant qu’acteur de la société civile, nous, nous ne pouvons que regretter cela, parce que même le procès des massacres du 28 septembre est suspendu à ça. Donc, mon souhait le plus ardent, est que cette grève prenne fin, pour que les magistrats reprennent leurs activités et que les justiciables puissent aller se faire valoir à la justice, pour que les jugements soient rendues pour les uns et les autres, sinon, à ce stade, les dossiers ne font que s’accumuler’’, a-t-il asséné.
Il est essentiel de noter qu’au tribunal de première instance de Kankan, les activités sont paralysées, les bureaux sont ouverts, mais aucune présence des magistrats en activité n’a été constatée, et c’est la même situation qui prévaut à la cour d’appel de Kankan.
Depuis Kankan, Gnama Kaba, pour Lerevelateur224.com.
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