Dans un entretien accordé à un journaliste de notre rédaction dans la journée du samedi, 9 Septembre 2023, le ministre des Postes, des Télécommunications et de l’Economie Numérique s’est exprimé sur le processus de rénovation du futur siège de la Poste et de Guinée-Télécoms. Ousmane Gaoual Diallo est aussi revenu sur le coût global des travaux, les raisons qui ont motivé l’attribution du marché de gré à gré, mais aussi et surtout, ses attentes vis-à-vis de la société contractante. Exclusif !
LEREVELATEUR224.COM : Nous avons assisté à un tollé suite à la révélation du coût global de la rénovation du futur siège de la Poste Guinéenne et de Guinée-Télécoms. Qu’en est-il exactement Monsieur le ministre ?
OUSMANE GAOUAL DIALLO : On a au niveau de l’ancien bâtiment de la Société Générale, un coût d’environ 17 milliards GNF et un peu plus de 60 milliards sur les bâtiments d’un siège de SOTELGUI, qui inclue les bâtiments de la Poste, qui sont donc en cours de réhabilitation. Parce qu’au niveau de la poste, les bâtiments sont restés plusieurs années inoccupés avec un niveau de dégradation considérable. Certains bâtiments étaient juste des chantiers qui n’avaient pas été finalisés ; et donc, tout ceci va connaître une bonne amélioration.
Et qu’en est-il de la durée d’exécution du contrat scellé pour la rénovation du bâtiment devant servir de siège à la Poste et à Guinée-Télécoms ?
Ici (futur siège de la Poste et de Guinée-Télécoms), c’est un contrat qui va être livré au 31 Javier 2024, et trois (3) mois après, l’autre contrat va être finalisé. Donc, c’est deux (2) contrats qui ont globalement 12 mois de travaux.
Parlant justement des travaux, quelles sont vos attentes ?
Bon disons, moi je suis content hein de voir l’état de l’évolution des chantiers. Maintenant, il y a le suivi qui est fait par les structures habilitées à ça, qui peuvent apprécier le niveau d’évolution du chantier par rapport aux engagements de l’entreprise. Ce qui est clair, c’est que les entreprises sont confiantes quant au respect des délais contractuels. Donc, nous, c’est ce qui nous rassure. Je vois que ce n’est pas seulement une rénovation de peinture. C’est vraiment une reconstruction, comme vous-même vous avez pu le constater, c’est le squelette du bâtiment qui reste, tout le reste a été vraiment démoli en vue d’une reconstruction avec toute la reprise du système d’électricité, du système d’aération, du système de climatisation, des coupes de l’intérieur et de l’aménagement des bureaux, l’étanchéité. Donc, vraiment, c’est beaucoup de travaux, mais avec un très bon niveau d’avancement et nous sommes plutôt confiants.
Quelle appréciation faites-vous du bruit autour du coût global pour l’exécution du contrat ?
Bon les gens parlent des montants, parce qu’ils n’ont pas idée des travaux qui sont derrière ces montants là. Donc, c’est tout à fait légitime. Le mieux pour les populations, c’est aussi de comprendre quand on annonce un montant, c’est pas tant le montant qui est important, mais c’est à quelle activité il est associé, c’est ça qu’il faut comprendre, pour associer le volume d’argent qui est mis dans les travaux.
Depuis un certain temps, il y a cette histoire de marché de gré à gré. L’opinion s’interroge. Il y a même des citoyens qui assimilent cela à de la corruption. Parlez-nous de la nécessité d’aller vers de tels marchés.
Il y a des conditions qui sont données par les marchés publics, les lois sur les passations sur les marchés publics, pour permettre aux Ministères, aux entreprises publiques de procéder aux Ententes Directes (ED), aux gré à gré, ou à procéder aux appels d’offres localement ou aux appels d’offres internationaux. Chaque cas, doit obéir à certains principes qui respectent les marchés publics, et doit obtenir l’approbation de l’autorité chargée des marchés publics à cet effet, pour pouvoir passer. Un ministre ne décide pas seul de passer par tel ou tel type de passation de marché public. Il respecte les règles et demande l’approbation des structures habilitées à ça, pour pouvoir aller. Parce qu’au final, l’engagement de l’Etat du point de vue contractuel, procède du ministre de l’Economie et des Finances et non pas des ministres sectoriels simplement.
Donc, il y a plusieurs niveaux de contrôles qui permettent de s’assurer de la régularité des contrats, et puis même après l’exécution des contrats, il y a toujours des audits qui peuvent se faire également, pour revenir en arrière sur les contrats, s’assurer que, ce qui a été commandé, payé, était conforme à ce qui a été livré dans le délai et dans la qualité. Donc, il y a toujours des niveaux de contrôles, qui permettent de garantir l’utilisation des ressources publiques.
Interview réalisée par Madiou BAH.
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