Depuis plus de cinq décennies, les détracteurs les plus virulents du Président Sekou Touré lui ont collé un prétendu « dédain » des intellectuels et que ceci expliquerait le départ massif de ces derniers de la jeune République de Guinée. Certains vont jusqu’à parler de « complexe » d’un autodidacte développant une hostilité vis à vis de l’élite intellectuelle. Sauf que la réalité est toute autre.
En effet, toute cette élite intellectuelle et progressiste Africaine était encore sujette française, émargeant au budget de la fonction publique française . Et le gouvernement français de l’époque a été clair à cet égard. Quiconque va travailler avec la Guinée perd tous les privilèges, allant jusqu’au retrait de la nationalité française .
Le cas du professeur Jean Suret Canale illustre parfaitement cet état de fait. En effet, pour avoir mis à la disposition de la Guinée un manuel qui prend le contre-pied de l’histoire coloniale en mettant en avant les phénomènes de résistance à la conquête et en insistant sur l’envergure des chefs politiques des différentes régions de Guinée, ce grand ami de la Révolution fut sommé par son pays , la France, de quitter illico presto ce jeune État qu’il fallait vaille que vaille isoler et faire regretter son choix historique d’aller à l’indépendance immédiate.
Malgré cette menace, d’autres sont restés fidèles au combat progressiste et révolutionnaire de la Guinée. Parmi eux il faut citer le Camarade Senainon Béhanzin. Conséquent avec son engagement panafricaniste , lui et son épouse antillaise Josphe Noelle, professseure d’histoire à l’institut polytechnique de Conakry, dans la trajectoire de Toussaint Louverture, n’ont pas hésité à choisir la cause Africaine, la nationalité Guinéenne.
Cette version de l’histoire de notre pays est passée volontairement sous silence, noyée dans le labyrinthe de la désinformation , de la diffamation.
Toutes les pages de l’histoire de la Guinée doivent être lues avec une forte dose d’objectivité. Aucun angle mort ne doit paraître dans la restitution de notre passé commun. La nouvelle génération ne mérite pas d’être induite en erreur au nom d’une certaine émotion car l’existence de la Guinée en tant que Nation en dépend.
Par Khalil KABA
