Alors que les négociations tripartites (Gouvernement, Patronat et Syndicat) se poursuivaient ce jeudi, 31 août 2023, à Conakry, au même moment, se tenait au Palais Mohamed V, le premier conseil des ministres marquant la rentrée gouvernementale.
Le porte-parole du gouvernement qui a animé une conférence de presse pour faire le briefing des points ayant marqué le traditionnel conseil des ministres, a été interrogé par un journaliste du site Lerevelateur224.com, sur la situation des enseignants contractuels, qui est au cœur des négociations tripartites, faisant l’objet de pomme de discorde.
A date, le véritable blocus dans les négociations se situe au niveau du recrutement des enseignants contractuels. Si le Gouvernement tient mordicus à la tenue des concours dans les différentes préfectures du pays, les contractuels eux, s’opposent à la démarche, craignant d’être roulés dans la farine par les autorités de la transition.
‘’Si la voie d’accès à la fonction publique, c’est le concours, alors, vous de la presse vous devez nous aider à faire comprendre aux enseignants contractuels pour dire à nos concitoyens qu’il faut respecter cela. Il y a deux types de concours : habituellement, il y a ce qu’on appelle le concours interne. Ça veut dire, des gens qui sont déjà en situation d’exercice, pour lesquels on fait un concours en même temps, pour qu’ils changent de statut. Et puis, il y a un concours de recrutement pour les externes, pour lesquels on fait un cours pour qu’ils partent de zéro (0) pour avoir un statut de fonctionnaire. Il faut accepter cela, c’est un principe républicain. Le concours permet aussi ce traitement d’égalité. Je crois que quelqu’un qui a exercé, je crois qu’on ne va pas l’interroger en dehors du cadre dans lequel il a exercé, il a un avantage de connaître finalement l’aspect pédagogique, l’aspect culture générale qui est nécessaire à ça. Je pense qu’il faut accepter.
Maintenant, il y en a qui peuvent mettre en avant, oui on était contractuels, ça fait 5, 10, 15 ans. C’est ce qui fait que le concours en interne est plus souple que le concours en externe, puisqu’on tient compte de l’avantage qu’ils ont acquis en exerçant. Mais est-ce qu’il faut pour autant changer la législation et les mécanismes d’accès à la fonction publique pour répondre à un besoin ponctuel ? Si c’est cela la réalité, alors, il faut se poser la question pourquoi l’Etat a introduit les concours ? Les concours sont introduits pour faire un traitement d’égalité entre tous les postulants, et c’est très important ainsi, qu’il faut avancer là-dessus’’, a déclaré Ousmane Gaoual Diallo, ministre porte-parole du Gouvernement.
Suspendus la semaine dernière, les débats de ce jeudi n’ont malheureusement pas permis aux parties prenantes du dialogue d’aller vers un consensus, quant à la date d’organisation des concours. Si le mouvement syndical tient mordicus sur les 24, 25 et 26 novembre prochains, les autorités elles, parlent plutôt du 16 décembre 2023.
‘’Maintenant, c’est un point de blocage, il faut encore de la pédagogie pour faire en sorte qu’il y ait réajustement des positions, et permettre de sortir de cette impasse là’’, préconise Ousmane Gaoual Diallo.
Madiou BAH
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