En Afrique, jusque-là, c’est seulement trois (3) pays qui étaient frappés par l’épidémie des coups d’Etat. Il y a une semaine, le Niger a emprunté le même chemin que le Mali, le Burkina Faso et la Guinée. Dans cet État du Sahel, plongé dans une insécurité totale, du fait du djihadisme qui bat son plein, des militaires viennent de déposer un président démocratiquement élu. Mais cela, c’était sans compter sur le soutien de la CEDEAO.
D’un ton ferme, l’organisation sous-régionale a donné un ultimatum d’une semaine, pour libérer et rétablir de ses fonctions, le président élu, en l’occurrence Mohamed Bazoum. Passé ce délai, une intervention militaire n’est pas exclue.
Cette menace des dirigeants Ouest-africains n’a pas été bien accueillie par les putschistes du Mali, du Burkina Faso et de la Guinée. Ces derniers ont sèchement répliqué, mettant en garde contre toute intervention militaire, au risque d’embraser l’espace CEDEAO.
‘’Les militaires guinéens, maliens, Burkinabès, Nigériens et prochainement Tchadiens, font face au terrorisme dans le Sahel, pendant plusieurs années, sans l’aide ni la solidarité militaire et financière visibles et structurées des organisations africaines comme la CEDEAO et l’UA, qui ont laissé le champ libre aux armées occidentales comme cela a été en Lybie.
Nos armées nationales qui étaient hier des grandes muettes enfermées sur elles mêmes dans les casernes sous le commandement des chefs d’Etats, ne le sont plus aujourd’hui, à cause de la technologie, des réseaux sociaux , des champs de bataille et vivent en direct les réalités citoyennes et politiques et géostratégiques de leurs pays et du monde. Les jeunes et femmes bras valides de nos Etats fuyant la pauvreté et l’insécurité dans leurs pays se font, malgré eux, esclaves dans le Maghreb et en Asie et se font noyer dans la méditerranée ou subissent la xénophobie raciale dans l’indifférence totale de nos Organisations Communautaires comme la CEDEAO et l’UA, qui, en réalité, manquent de capacité organisationnelle, financière et militaire par manque de leadership courageux de nos politiques absorbés par la corruption et l’enrichissement illicite privé. Des élections présidentielles non inclusives sont organisées dans les pays avec des concurrents directs en prison ou en exile comme au Niger hier avec Hama Amadou et le Sénégal aujourd’hui avec Ousmane Sonko.
Des constitutions sont modifiées illégalement dans les pays dans le seul but de se maintenir au pouvoir, pour des troisièmes et énième mandat comme en Guinée, en Côte d’Ivoire, au Togo, au Gabon, au Cameroun et aujourd’hui la République Centre Africaine’’, analyse Kéamou Bogola Haba, coordinateur du front national pour la défense de la transition.
Pour lui, les dirigeants dits démocratiquement élus et leurs entourages s’enrichissent illicitement dans leurs pays et transfèrent les biens de l’Afrique ailleurs, au vu et au su de tous les citoyens et de nos militaires, sans possibilité de les poursuivre juridiquement, ni dans les pays encore moins dans la sous-région ou par l’ONU.
Face à cette situation, ‘’l’unique recours des citoyens devient l’armée, qui est la structure Républicaine la plus organisée et la plus équipée pour stopper les dirigeants de ces institutions issues des élections contestées que nous dessinent nos constitutions calquées à l’occidental, qui ne nous ressemblent pas et ne nous rassemblent pas dans nos diversités ethniques et religieuses.
Par conséquent, ce n’est que normal que les militaires du cordon de sécurité de l’axe Conakry-Bamako-Niamey-N’Djamena s’unissent pour se défendre collectivement, surtout que les prises de pouvoir dans ces pays se sont font sans effusion de sang, mais par négociation avec IBk, Alpha Condé, Marc Rock Kaboré et aujourd’hui Mohamed Bazoum. Il faut continuer ce dialogue entre nos armées et nos politiques, pour arriver progressivement et définitivement à la démocratie comme au Ghana et au Nigeria’’, souhaite cet ancien membre de l’ANAD.
Zézé Enèma Guilavogui, pour Lerevelateur224.com.
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