Six (6) mois après le début du compromis dynamique de 24 mois comme durée de la transition en Guinée, certains acteurs politiques restent pessimistes quant au respect de cet accord scellé entre le CNRD et les Chefs d’Etat et de Gouvernement de la CEDEAO. Pour Dr. Ben Youssouf Keita, président du parti alliance pour le changement et le progrès, à l’allure où vont les choses, un glissement de calendrier est inévitable.
La difficulté d’obtenir des bailleurs pour le montant fixé à 6 000 milliards de francs guinéens pour la réalisation des activités devant mener au retour à l’ordre constitutionnel, est l’une des raisons qui va conduire à un glissement, selon cet acteur politique.
‘’Vous savez, je suis un soutien du CNRD, je partage les idéaux du CNRD, je salue les actions positives du CNRD, mais je suis pragmatique et je suis lucide, je ne suis pas démagogue et je ne cherche pas à me faire plaire à qui que ce soit. Pour moi, sans ambages, les 24 mois à partir de Janvier 2023, ne seront pas respectés, parce que le montant fixé à 6 000 milliards pour accomplir les dix points du chronogramme ne peut pas être obtenu d’une baguette magique’’, a déclaré l’ancien député de la huitième législature.
Autre raison avancée par Dr. Ben Youssouf Keita, c’est bien la situation géopolitique à l’international. Pour lui, celle-ci ne permet pas à la communauté internationale de mettre en priorité les transitions en Afrique de l’Ouest.
‘’Il y a aussi une question d’intérêts, voyez la guerre en Ukraine, la situation entre la Chine et les États-Unis, la Somalie. Si les intérêts de la communauté internationale ne sont pas braqués sur les transitions au Burkina Faso, au Mali et en Guinée, ils ne vont pas se saigner pour nous sortir de là. Je ne veux pas être un oiseau de mauvaise augure, mais les 24 mois ne seront pas respectables, il y aura un glissement’’, a-t-il souligné au micro de nos confrères de Refletguinee.
Un glissement de calendrier, pourrait davantage crisper la situation sociopolitique en Guinée, d’autant plus que des partis politiques et plateformes de la société civile sont depuis plusieurs mois, opposés à la conduite de la transition.
Hady MINTHE, pour Lerevelateur224.com.