Dans un pays où les dirigeants se distinguent par la rigueur et travaillent sérieusement pour la qualification du système d’enseignement, on investitirait beaucoup plus dans la formation, la rénovation et la construction des infrastructures scolaires, l’amélioration des contenus d’apprentissage et le renforcement des capacités des formateurs que dans les examens nationaux qui ne consistent qu’à faire un contrôle sur l’impact de ce qui précède.
Malheureusement, depuis maintenant plusieurs années, en Guinée, les autorités éducatives restent silencieuses et presqu’inactives pendant toute l’année scolaire et ne consacrent toute leur énergie et tout leur sérieux que dans l’organisation des examens nationaux, ignorant qu’il ne sert à rien de pomouvoir la rigueur et la transparence pendant les examens lorsqu’on n’a pas été rigoureux pendant toute l’année scolaire pour permettre aux apprenants de recevoir une formation de qualité. De la qualité des enseignants à celle des infrastructures, en passant par celle des contenus d’apprentissage, les problèmes qui minent notre système éducatif sont nombreux. Au lieu d’utiliser tous ces gros investissements dans d’organisation des examens qui ne durent qu’un seul mois, ces sommes d’argent auraient pu servir ailleurs, notamment dans l’achat des documents pédagogiques, la construction et la rénovation des écoles et surtout dans la lutte contre le déficit d’enseignants à l’intérieur du pays. Le ministre Guillaume Hawing est conscient du manque d’enseignants dans les écoles publiques et de la vétusté des infrastructures scolaires tant à Conakry qu’à l’intérieur puisqu’il a lui-même dit avoir fait un constat qui s’est révélé amère. La conséquence directe de ces problèmes est le taux élevé d’échecs aux différents examens nationaux, surtout à l’intérieur du pays où des préfectures entières n’ont pas obtenu plus de dix (10) admis aux derniers examens. Aujourd’hui, à l’intérieur du pays, par manque d’enseignants, certaines écoles ont fini par fermer et celles qui sont opérationnelles sont pour la plupart gérées par des contractuels recrutés par les parents d’élèves qui sont obligés de mettre les mains dans leurs poches pour que leurs enfants puissent aller à l’école. Et il se trouve que les compétences académiques et pédagogiques de la plupart de ces enseignants laissent à désirer puisqu’ils n’ont pas suivi une formation adéquate leur permettant de mener à bien un enseignement apprentissage de qualité. Cela impacte donc négativement le niveau des apprenants non seulement, mais aussi la qualité des enseignements transmis.
Conscient de l’existence et de la persistance de tous ces problèmes, qu’est-ce que Monsieur le ministre Guillaume Hawing et son département, soucieux de l’avenir de notre système éducatif et de celui de nos enfants comme ils le disent partout, font ou ont déjà fait pour y remédier afin de qualifier notre système d’enseignement ?
Ont-ils construit ou rénové des écoles ?
Ont-ils recruté des enseignants ?
Ont-ils augmenté les salaires et les primes des enseignants ?
Les enseignants contractuels qu’ils ont déployés à l’intérieur en début d’année et qui sont d’ailleurs prêts à être au service de notre pays partout où besoin sera, ont-ils pris leur situation en charge ? Je pense qu’à la place des caméras de surveillance, on aurait pu utiliser ce budget pour au moins prendre en charge ces contractuels afin de combler le manque d’enseignants qu’il y a à l’intérieur.
Monsieur le ministre, avant de nous parler de rigueur pendant les examens, il faut que vous travailliez d’abord à qualifier notre système éducatif en recrutant des enseignants de qualité, en promouvant la formation continue des enseignants, en rénovant les écoles à l’intérieur du pays et en construisant d’autres et il faut surtout que pensiez maintenant à nous réactualiser les contenus d’apprentissage qui sont, dans la plupart, devenus dépassés.
Nelson Mandela disait : « l’éducation est l’arme la plus puissante qu’on puisse utiliser pour changer le monde ». En Guinée, celle-ci n’est-elle pas foulée aux pieds par les gouvernant qui font semblant d’être préoccupés ? Pour en avoir le cœur net, allez faire un tour à l’intérieur du pays !
Alpha Oumar Konah Diallo