La culture maraîchère qui était autrefois convoitée par plusieurs personnes, est de nos jours menacée dans la préfecture de Boké. Dans cette zone minière par excellence, les pratiquants de cette activité sont confrontés à de multiples problèmes liés à un manque criard d’eau dans les bas-fonds, dès le début de la saison sèche. A cela s’ajoute l’effet de la poussière et le soleil, ainsi que la mauvaise utilisation des herbicides, a constaté notre correspondant régional.
Les membres des groupements et unions maraîchers dénoncent le manque d’appui de l’état et la cohabitation des entreprises minières, qui selon eux, sont à la base de leur malheur. A date, le maraîchage tend à être un lointain souvenir pour plusieurs citoyens, qui avaient longtemps embrassé cette activité.
Dans les années reculées, les différents marchés de Boké, de Conakry et d’ailleurs, étaient ravitaillés en abondance. Les fruits et les légumes se négociaient à coûts abordables. De nos jours, toutes ces difficultés et ces pertes des maraîchers se répercutent sur le panier de la ménagère. C’est pourquoi, les prix dépassent l’entendement des femmes vendeuses et la clientèle. Au grand marché de la commune urbaine de Boké, les témoignages se rivalisent.
C’est devenu une habitude pour plusieurs personnes de pratiquer les activités de maraîchage dans le but de subvenir à leurs besoins et à ceux de leurs familles. A la fin de l’hivernage, des milliers d’hectares de champs de potagers fleurissent le long des cours d’eaux et dans les bas-fonds.
Pour pratiquer le maraîchage, il faut obéir à certaines règles et respecter les différentes étapes. Après une longue période de dur labeur, commencent les rêves. Les pratiquants espèrent tous avoir le sourire aux lèvres. La récolte et la commercialisation des produits sont cruciales, mais sous plusieurs formes, selon les moyens utilisés dans les travaux. Pour pratiquer la culture maraîchère, il faut utiliser la force physique par endroit et avoir les moyens financiers.
La préfecture de Boké est autrement appelée KANKANDE, qui signifie une ville entourée par les cours d’eaux. Ce qui donne du goût à plusieurs citoyens à se lancer dans la culture maraîchère, en ce sens qu’elle semble être un héritage dans les familles qui la pratique depuis plus de 30 ans.
Malheureusement, ces dernières années, des pertes énormes sont enregistrées dans cette activité. Les acteurs de cette filière ignorent les vraies causes, mais les constats sont illustratifs. Ils accusent le manque d’eau, la température du soleil et la qualité des produits phytosanitaires.
Dans les champs de potagers, le constat est alarment: de TAMBONY à KOLDOUGOU, dans la sous-préfecture de Kolaboui en passant par GUILLERE, MISSIRA, MANDORIYA et autres localités de Boké, les plantes et les fruits subissent de fortes menaces au moment où les pratiquants s’attendent à une récolte abondante. Malgré des efforts fournis ça et là, quelques rares seulement trouvent parfois la solution. Tout simplement parce que les moyens et surtout la formation font défaut.
Comment peut-on expliquer ce phénomène qui détruit les cultures ? Quelles pourraient être les remèdes ? Quelle doit être la partition des techniciens de la direction préfectorale de l’agriculture pour sauver ces agriculteurs ? Ce sont entre autres questions que se pose l’opinion nationale.
Au-delà de l’engagement et le dévouement des cultivateurs, le maraîchage est une activité qui est menacée dans la préfecture de Boké. A date, plusieurs personnes commencent à tourner le dos pour embrasser d’autres activités génératrices de revenus. Conséquence : les prix des produits maraîchers connaissent une flambée du jour le jour, plus que les produits importés.
Pourtant, la promotion et l’organisation de cette filière pourraient contribuer à alléger le panier de la ménagère, d’où l’implication du département en charge de l’agriculture, afin de promouvoir l’autosuffisance alimentaire.
Depuis Boké, Sékou DIALLO, pour Lerevelateur224.com.