Les réactions fusent de partout, après le report de la manifestation des forces vives de Guinée du lundi 20 mars 2023. Interrogé par notre rédaction ce dimanche 19 mars, Ange Gabriel Haba, secrétaire exécutif du Conseil National des Organisations de Société civile guinéenne (CNOSCG), a livré sa lecture.
Cet acteur de la société civile guinéenne, dit avoir appris la décision de reporter cette manifestation, avec beaucoup de satisfaction. Parce que selon lui, ces manifestations ne font que causer des cas de morts et de violences qui n’arrangent pas le pays.
‘’Moi je l’ai appris avec une réelle satisfaction, parce que l’un de mes soucis est aujourd’hui que ces manifestations de rue qui contribuent plus à tuer les Guinéens, puissent connaître une réglementation. Et cette réglementation ne peut pas avoir lieu, si on n’observe pas une trêve, en vue de faire face aux différentes réformes, qui vont toucher tous les secteurs. C’est ce qu’on appelle la Refondation. Alors l’autre chose, je m’attendais à cela, parce que les négociations qui étaient en cours, je sais que les religieux ont fourni assez d’efforts, le Gouvernement aussi ne cesse de tendre la main à ces acteurs, qui sont aujourd’hui opposés à tout ce qui passe dans le cadre de la conduite de cette transition’’, a déclaré M. Haba.
En Guinée, les manifestations de rue sont souvent émaillées de violences et des cas de morts. Depuis le début de la transition, 17 jeunes ont été tués par balles réelles, selon un bilan du Front national pour la défense de la constitution (FNDC), mouvement hétéroclite dissout pas les autorités de la transition.
‘’Rien ne peut être obtenu dans la rue. On ne peut rien obtenir dans la rue, ce qu’on ne peut obtenir autour de la table. Mais je me pose des questions : Pourquoi les Guinéens attendent toujours qu’il y ait des cas de morts, pour venir autour de la table ? Il n’y a aucune raison qui justifie le refus de venir autour de la table par nos compatriotes, qui sont aujourd’hui opposés, aucune raison’’, fustige-t-il.
Soucieux de l’avenir de la transition, cet acteur de la Société civile attiré l’attention des acteurs sociopolitiques, sur le fait que le mécanisme et la conduite de la Gouvernance dans notre pays ont changé.
‘’Si avant, les dialogues servaient à se partager des postes, des avantages, au sein de l’Etat, cette fois-ci, le dialogue consiste à se donner de grandes idées, pour mener les réformes fondamentales dans notre pays, pour enfin mettre en place des institutions fortes, irréversibles, pouvant nous garantir tout ce qu’on a comme une démocratie effective, un État de droit et qui peuvent fonder les bases réelles d’un développement durable. C’est en cela qu’on peut se reconnaître contributeur du développement de notre pays’’, prévient Ange Gabriel Haba.
Madiou BAH
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