S’exprimant ce dimanche 19 mars 2023, sur la réclamation des forces vives de Guinée, qui exigent une reprise du cadre de dialogue inclusif inter-guinéen, le secrétaire exécutif du Conseil National des Organisations de la société civile guinéenne (CNOSCG), n’a pas mâché ses mots.
Pour Ange Gabriel Haba, il est impossible de créer un autre cadre de dialogue à ce stade. Selon lui, le premier ministre Dr. Bernard Goumou n’a pas ce pouvoir.
‘’Il ne faut pas que les gens se trompent. On ne peut pas créer deux dialogues dans un pays. Et, le dialogue qui est créé, qu’on a appelé le dialogue inclusif inter-guinéen et permanent, c’est un dialogue qui reste ouvert. Le Gouvernement se bat pour faire venir les autres acteurs autour de cette table. Il n’y a pas deux dialogues, il ne faut pas que les gens se trompent. Le premier ministre n’a pas la possibilité de créer deux dialogues. Le décret qui a créé ce dialogue, peut-être s’il y a modification, c’est le même décret qui reviendra. C’est-à-dire, c’est un autre décret du président de la transition qui reviendra. Mais le premier ministre n’a pas la possibilité de créer un autre cadre de dialogue’’, dira M. Haba.
Dans leur plateforme revendicative, les forces vives de Guinée réclament un dialogue sincère avec le CNRD, le Gouvernement et les structures sociopolitiques les plus représentatives du pays. Le tout, sous la présidence de la CEDEAO.
‘’Il faut que ceux qui sont opposés à tout et à rien, arrêtent de mépriser les autres Guinéens, qui sont disposés à contribuer à la refondation et à la rectification institutionnelle. Parce que quand j’entends certains dire qu’ils ne peuvent s’asseoir avec telle entité ou telle entité, pour discuter de la conduite de la transition, c’est un manque de confiance en soi, une faiblesse notoire et c’est un comportement qui montre que vraiment, ils ont un agenda différent de l’agenda national. Quand on a rien à se reprocher, on n’a pas le complexe de s’asseoir avec tes frères Guinéens, pour discuter de la conduite de la transition’’, a répliqué cet acteur de la société civile, qui assure par ailleurs, que nous ne sommes pas en période électorale, où on doit se réclamer plus représentatifs que tel parti politique ou telle entité.
‘’Nous voulons des idées, des grandes idées, qui contribueront à reconstruire notre Nation. Quand la période électorale va arriver, on cherchera en ce moment, les partis politiques les plus représentatifs pour compétir ou pour ne pas compétir. Mais à ce stade, que les gens arrêtent de mépriser les autres Guinéens. C’est pas parce que les gens ne font pas une opposition radicale, à la gouvernance actuelle, qu’ils acceptent tout. Mais il faut fouetter son égos, accepter de discuter avec les Gouvernants actuels, qui ont une position quand même neutre, qui ont réaffirmé combien de fois, qu’ils ne sont pas intéressés aux élections, qu’ils ne confisqueront pas le pouvoir, et le président de la République l’a dit, qu’il ne fera pas plus de 24h. Mais quelle opportunité il faut saisir plus que ça ? Bon sang de Dieu, on a besoin de faire une prise de conscience générale, pour éviter que notre pays ne bascule dans le chaos. Si nous ne prenons pas grade, nous avons vu les signes qui ont conduit la transition de 2008-2010 aux dérives. Et cette fois-ci, je pense que bon nombre de Guinéens en ont conscience, et c’est pourquoi, la majorité opte pour la réussite de cette transition’’, assure-t-il d’un ton ferme.
Madiou BAH
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