Les réactions fusent de partout après les décisions prises par la conférence des Chefs d’Etat et de Gouvernements, concernant la Guinée, en marge du sommet extraordinaire de la CEDEAO, tenu le 18 février dernier, à Addis-Abeba, capitale de l’Éthiopie.
Dans la classe politique, tout comme au sein de la société civile, l’unanimité sur le manque de tact de la junte guinéenne, est de mise. Surtout que, la conférence des chefs d’Etat, a décidé de maintenir les sanctions existants à l’encontre des trois pays en transition dans l’espace CEDEAO, tout en imposant une interdiction de voyager aux membres de gouvernements et autres hauts fonctionnaires de la Guinée, du Burkina Faso et du Mali.
Cette décision de l’organisation sous-régionale, ne laisse pas indifférent Pépé Francis Haba. Cet acteur politique estime, que la CEDEAO et l’Union Africaine, constituent les derniers remparts pour les peuples africains, épris de paix, de justice et de démocratie.
‘’Je pense qu’il faut d’abord savoir, que la CEDEAO et l’Union Africaine, constituent les derniers remparts pour les peuples africains, qui sont épris de paix, de justice et de démocratie, pour un avenir radieux pour tout le monde. Cela dit, je pense que l’Union Africaine a vu juste, d’abord en maintenant les sanctions contre les trois pays, la Guinée, le Mali et le Burkina Faso, puisque ces trois pays là, ont déposé des présidents démocratiquement élu entre guillemets, donc, ils sont venus au pouvoir par les armes. Donc ce ne sont pas de bons élèves en démocratie. Si l’UA et la CEDEAO, se permettaient de légitimer ces Putschistes, ce serait un véritable recule pour la Démocratie, ce serait un camouflet pour ces peuples africains, qui sont épris de démocratie’’, a déclaré le leader du parti UGDD.
Sur la transition en Guinée, la Conférence des chefs d’Etat a mis l’accent sur le chronogramme consolidé de transition de 24 mois, couvrant les dix domaines prioritaires élaborés conjointement avec la CEDEAO, à l’intention des autorités de la transition. Elle a invité le CNRD et son Gouvernement, à respecter l’esprit de l’accord, signé le 21 octobre, 2022.
L’autre recommandation de l’institution sous-régionale, c’est bien la tenue d’un dialogue inclusif, avec la participation de tous les acteurs. Et mieux, la CEDEAO parle explicitement de la sécurité de certains acteurs politiques devant y prendre part.
‘’De façon particulière, ils ont vu juste. Ils ont vu effectivement que, le dialogue qu’ils ont malencontreusement appelé ‘’dialogue national inclusif’’, c’était une supercherie, un séminaire, qui n’avait pour objectif, que de valider le calendrier du CNRD, les objectifs du CNRD, et surtout pour ceux qui s’agitaient autour de la table, c’était l’occasion pour eux, de bénéficier de grosses primes, qui ont été distribuées, qui leur permettent aujourd’hui de parcourir la Guinée et le monde. Je pense qu’ils ont compris que les acteurs qui sont légitimes, qui peuvent parler au nom du peuple, n’étaient pas présents. Ces sont des acteurs politiques et sociaux. Il y a donc nécessité d’ouvrir la porte à ces acteurs là, et de tenir effectivement de leur sécurité, puisque nous sommes menacés. On est nombreux à être sous contrôle judiciaire, à être persécutés, kidnappés en longueur de journée. Il y en a qui sont à l’étranger. Il faut donc tenir compte de ce contexte de menace, de museler toutes les discordantes. Moi je félicite l’UA et la CEDEAO, qui ont vu juste et qui naturellement, doivent tout faire, pour que notre pays retrouve le concert des Nations’’, égraine M. Haba avant de brocarder la junte au pouvoir en Guinée.
‘’La transition est caractérisée par une gestion unilatérale du CNRD. Cela ne fait pas bon ménage avec la paix sociale. Cela ne fait bon ménage avec le retour paisible et sécurisé à l’ordre constitutionnel. On ne peut pas nommer des gens sans tenir compte de la CEDEAO, sans tenir compte des acteurs qui ont plus de légitimité. C’est pourquoi, je dis souvent, que c’est un calendrier qui n’engage que le CNRD et son Gouvernement’’, a-t-il fustigé.
Madiou BAH.
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