Elhadj Amadou Barry, imam au quartier Yimbaya, en haute banlieue de Conakry, a de nouveau comparu ce jeudi, 03 novembre 2022 au tribunal de première instance de Mafanco. Il est accusé de viol sur la personne de Djenè Kaba. Des faits prévus et punis par l’article 268 du code pénal guinéen.
Lors de la dernière audience mercredi, 26 octobre dernier, l’accusé qui a été appelé à la barre pour la première fois, avait nié les faits pour lesquels il est poursuivi. Selon lui, cette affaire a été montée de toutes pièces dans le seul but de nuire à sa réputation.
Et pourtant la présumée victime dans sa déposition, avait déclaré avoir bel bien entretenu des relations sexuelles avec l’accusé, alors qu’elle avait à peine 14 ans au moment des faits.
Plus loin, la présumée victime, Djenè est parvenue à révéler des signes sur le corps de l’homme qui l’aurait mise enceinte. Il s’agit notamment des tatouages que Elhadj Amadou Barry a confirmés, même s’il nie catégoriquement les faits.
Pendant l’audience de ce jour, deux personnes ont été appelées à la barre pour être entendues à titre de renseignements concernant la genèse de cette affaire.
La première qui se réclame de la famille de
la présumée victime, y a livré son récit.
« Je suis allée chez ma sœur un jour, je ne l’ai pas trouvée. Je me suis assise très longtemps et si je l’appelle, elle ne prend pas. Je suis rentrée chez moi et après la prière, je l’ai rappelée, mais elle n’a pas encore pris. Quelques temps après, elle m’a rappelée en me disant: Djènè m’a tuée, Djènè m’a tuée. J’ai demandé à savoir ce qui se passe. Elle m’a dit que Djènè, sa fille est enceinte. Et qu’elle a dit être enceinte du fils de l’imam Barry. Je lui ai dit: tu sais c’est la parole des enfants, il faut pas trop prendre au sérieux et il faut pas banaliser non plus.
Après ça, je suis partie à la pharmacie du mis en cause pour parler de cette grossesse. Et dès que je lui ai dit cela. Il a automatiquement commencé à enseigner l’histoire du prophète Mohamad ( PSL). Ensuite, il m’a dit demandé sur le champ en ces termes: pourquoi vous avez attendu trois mois après pour m’informer de cette grossesse. C’est à partir de là que j’ai compris qu’il se reproche de quelque chose. Sinon, comment peut-il savoir que la fille est enceinte de trois mois. Après cela, une délégation de leur famille était venue présenter les excuses et demander pardon au nom de notre voisinage”, a expliqué Fatoumata Conté.
Au tour de la femme de l’accusé de témoigner à la barre, le tribunal a suspendu l’audience qui a été reprise 30 minutes après.
Mais bien avant, la femme de Elhadj Amadou Barry avait déclaré que la plaignante était venue la trouver un jour dans la mosquée pour lui demander d’être son amie. Chose qu’elle avait acceptée sans poser trop de questions.
A la reprise de l’audience à 14 heures, madame Barry de nouveau appelée à la barre a juré que son mari est loin de l’homme qui a mis enceinte la jeune fille, Djènè Kaba.
Au terme de cette audition, le juge Souleymane 1 Traoré a décidé de renvoyer l’affaire à mardi, 08 novembre 2022 pour l’audition d’autres témoins.
Affaire à suivre!
Bah Mohamed
