En Afrique francophone , les militaires ont renoncé à leur vocation pour se consacrer à l’exercice illégal du pouvoir politique. En choisissant cette posture, ils laissent le champ libre aux mouvements terroristes et djihadistes pour mieux s’installer. Le cas du Mali et du Burkina Faso représente l’illustration la plus parfaite de cette malheureuse situation.
Chaque jour des massacres et exactions de populations civiles y ont lieu devant des forces armées impuissantes, sous équipées et plutôt occupées à en découdre avec la classe politique, la Cedeao et la communauté internationale.
Ce qui se passe actuellement au Mali, en Guinée, au Burkina ramene l’Afrique aux années 1980 et à l’ère des régimes militaires. Une période dont on se souvient souvent pour ses « décennies perdues ».
Tous ces pays ont vu leur gouvernement renversé et remplacé par une junte militaire. Est ce la preuve que la démocratie ne fonctionne pas et ne peut pas fonctionner ?
Après tout, le renversement des présidents civils a été suivi de célébrations dans les rues de certains pays, les citoyens applaudissant la chute des dirigeants élus.
Mais s’il est tentant d’interpréter la vague de coups d’État comme une preuve de la mort de la démocratie en Afrique, ce serait une erreur. Même dans les pays où un coup d’État a eu lieu, une majorité de citoyens souhaite vivre dans une démocratie et rejette les régimes autoritaires.
Qui plus est, malgré la frustration croissante que suscite le multipartisme, les démocraties génèrent en moyenne une croissance économique plus élevée et fournissent de meilleurs services publics, selon une étude de l’université Cornell aux États-Unis.
En revanche, les régimes militaires ont une longue histoire de violations des droits de l’homme et de stagnation économique. Le plus souvent, les militaires reprochent aux civils d’avoir « bordélisé » la République mais quand ils arrivent au pouvoir ils font la même chose, ils s’accrochent au pouvoir et c’est l’éternel recommencement.
A quand la fin de cette spirale de prise de pouvoir par les armes ? La question vaut tout son pesant d’or.
Par Khalil KABA
