Au sortir d’une année scolaire scandaleuse avec des taux d’admission catastrophiques aux différents examens nationaux, l’heure est de batailler pour inverser la tendance. C’est pour cette raison que des acteurs du système éducatif guinéen ont discuté ce mercredi, 24 août 2022 avec les conseillers du CNT sur les voies et moyens, permettant de rehausser le niveau des apprenants. Et 64 conseillers sur 81 ont pris part à cette plénière.
Exprimant sa frustration vis-à-vis des récents résultats « catastrophiques » des examens nationaux, Dr Dansa Kourouma, président du CNT, décèle quelques dysfonctionnements dans le système éducatif guinéen.
« Nos statistiques sont alarmantes. Selon le dernier recensement général de la population et de l’habitat en 2014, seulement un tiers (1/3 )de la population adulte est alphabétisé dans notre pays. Nous comprenons donc que nous avons affaire à une population majoritairement illettrée. Qu’il convient donc d’accompagner pour acquérir les fondamentaux de savoir lire, écrire et compter. Il est regrettable de constater que même si de nos jours, une très grande majorité des enfants est scolarisée, il n’y a pas de qualité pour autant et le décrochage scolaire est de plus en plus élevé entre les cycles.
Le tord des uns et des autres, c’est de notre part de n’avoir pas pris suffisamment en compte les dysfonctionnements et les tares qui gangrènent notre système éducatif. Au titre de ces dysfonctionnements, j’ai pu énumérer les éléments ci-après : le faible niveau des enseignants et donc des apprenants, le déficit d’enseignants surtout en milieu rural, le manque d’infrastructures et des mobiliers scolaires, la faible rémunération et de motivation des enseignants, l’insuffisance du suivi des élèves par leurs parents, le manque de respect et de considération des élèves vis-à-vis des enseignants, les grèves et manifestations politiques qui paralysent les cours, la faiblesse du budget alloué à l’éducation mais surtout sa mauvaise utilisation, l’adaptation et l’application correcte des programmes scolaires, le manque de rigueur dans la formation, etc. C’est pourquoi, je peux vous dire que j’ai été personnellement éprouvé par les récents résultats scolaires », a souligné Dr Dansa Kourouma.

De son côté, le ministre de l’Enseignement Pré-Universitaire et de l’Alphabétisation a au cours de cette plénière déclaré:
« Aujourd’hui, la vérité est que les élèves n’échouent plus dans les classes intermédiaires même avec 6 de moyenne. Nous avons un déficit d’enseignants de 19 624 que nous devons combler. Pour cela, mon département s’engage à engager les sortants de l’ISSEG et de l’ENI comme contractuels de l’Etat. Aucun enseignant ne fera un transfert pour Conakry aujourd’hui tout le monde veut rester dans la capitale », a évoqué Guillaume Hawing.

Pour sa part, le ministre de l’Enseignement Technique et de la Formation Professionnelle s’engage à toiletter l’enseignement technique, souvent considéré comme l’école de seconde chance.
«L’enseignement technique n’est pas un lieu où on accueille tous ceux qui ont échoué au BAC. Il nous faut construire un système éducatif dans lequel nos enfants choisissent d’aller dans l’enseignement technique pour leur formation. Cette année, nous ne recrutons pas tout ce qu’on nous envoie. Je ne veux pas retrouver dans les écoles de santé en Guinée, des diplômés de BTS, des gens qui n’ont pas le Bac. Pour cette année, il faut forcément avoir son BAC », a-t-il promis.

Dr Diaka Sidibé, ministre de l’Enseignement Supérieur, de la Recherche Scientifique et de l’Innovation a déploré la pléthore d’effectifs dans les salles de classe qui, selon elle, les a poussés à interdire la formation payante dans les universités publiques.
« Il est important de comprendre que l’effectif pléthorique ne facilite pas la formation des étudiants, ni la qualification et l’excellence. Avant, si on oriente 150 dans un programme de formation, derrière, l’institution enregistre tous ceux qui ne veulent pas aller à l’intérieur du pays. C’est pourquoi, nous avons supprimé les formations payantes dans les universités publiques pour mettre fin à ce système pléthorique dans les classes », a-t-elle annoncé.

Amadou Oury Barry pour lerevelateur224.com
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