Dans sa série de visites inopinées ce lundi, 16 mai 2022, le Procureur Général près la Cour d’Appel de Conakry s’est montré intraitable face aux violations des droits de l’homme dans les services relevant de sa juridiction. Au Commissariat Urbain de Kenien, Alphonse Charles Wright est tombé sur de mauvaises pratiques de quelques officiers. Chose qu’il a dénoncée avant de prendre la décision d’interdire les responsables de ce commissariat de recevoir des plaintes et de poser des actes de police judiciaire jusqu’à nouvel ordre.
“Ce qu’il faut d’abord relever, c’est qu’on ne donne pas les habilitations à un officier de police judiciaire pour qu’il en dispose comme bon lui semble. Le cas du commissariat urbain de Kenien est révoltant, un cas hors la loi, hors la procédure de droit. Je ne peux pas comprendre qu’un service où un habilité des officiers de police judiciaire travaille dans les registres qui ne sont pas paraphés par les parquets d’instance. Ce qui veut dire qu’ils mettent l’infraction qui les semblent être à leurs humeurs, ils déchirent la page qu’ils souhaitent déchirer, ils placent les gens en garde-à-vue en dehors de toutes les règles de procédure. Alors que tout juste à côté, il y a quand-même un commissariat central”, a regretté le procureur général, qui n’a pas tardé de sanctionner ces actes.
“Au lieu de continuer à laisser ces actes impunis, nous avons décidé de prendre notre responsabilité. C’est de suspendre toutes les habilitations et de leur dire désormais de transmettre toutes les plaintes qu’ils recevront au niveau du commissariat central de la belle vue. Je ne peux pas comprendre qu’un service de police judiciaire en dehors des règles de procédure pénale et en dehors de toutes les procédures résultant du droit pénal. Donc cela va de notre responsabilité en tant que Procureur Général, nous avons le droit de suspendre tout officier de police judiciaire qui travaillera en dehors de toute règle de procédure. Et ça va continuer. Le service de police urbain de Kenien n’est plus habilité à recevoir des plaintes et à poser des actes de police judiciaire”, à martelé le patron du parquet général de Conakry.
A rappeler que tôt dans la matinée de ce lundi, Alphonse Charles avait suspendu l’habilitation de huit(8) officiers de Police pour complicité d’évasion à la Direction Centrale de la Police Judiciaire et du Commissariat centrale de Kaloum.
Moussa Rama, pour lerevelateur224.com

