Le Conseil National de la Transition (CNT) a adopté mercredi dernier, une résolution de 36 mois comme durée de la transition en Guinée. Un délai que le FNDC trouve comme une provocation de trop des militaires qui, selon certains, cherchent à se maintenir au pouvoir à tout prix.
Dans une interview accordée à nos confrères de TV5 Monde, Ibrahim Diallo, responsable des opérations du FNDC, qui a qualifié de nul ce vote du CNT, affirme que cet organe qui fait office de parlement n’a ni le droit encore mois la qualité de déterminer la durée de la transition qui dit-il, doit être déterminée par les forces vives de la nation conformément à l’article 77 de la charte de la transition.
« D’abord, il faut noter que cette résolution votée par le CNT est nulle et de nul effet par ce que cette résolution viole l’esprit et la charte de la transition. Et pourtant, la charte de la transition a été élaborée et adoptée par la junte au pouvoir de façon unilatérale sans associer toutes les forces vives de la nation. Donc, si cette charte est violée premièrement par le CNRD en proposant 39 mois en violation de l’article 77 de la charte de la transition, deuxièmement, on présente cette proposition au CNT qui vote une résolution pour fixer la durée de la transition à 3 ans alors que le CNT n’a ni le droit, ni la qualité, ni les prérogatives de déterminer la durée de la transition. Donc, nous disons de rester dans l’esprit de la charte de la transition notamment à son article 77 qui dispose que la durée de la transition est fixée en commun accord entre la junte qui est représentée par le CNRD et les forces vives de la nation qui est représentées par les forces sociales et politiques du pays”, a-t-il réagit.
A la question de savoir quelle sera la bonne durée de la transition en Guinée, Ibrahima Diallo répond:
« La bonne durée pour la transition serait de 24 mois à compter du 05 septembre 2021 date de la prise du pouvoir l’armée. Nous avons proposé également demandé le contenu pour cette durée de la transition. Il y en a 3 étapes: la première étape est relative à la mise en place des organes de la transition ce qui fut fait déjà. Le gouvernement est mis déjà nommé, le CNT est déjà constitué.
La deuxième grande étape de cette transition, c’est la réforme institutionnelle. Il s’agit de l’élaboration de la modification de la constitution et l’adoption de la constitution et aussi l’élaboration et l’adoption des lois qui peuvent avoir des incidences directes sur l’organisation des élections en vue d’un retour à l’ordre constitutionnel.
La troisième grande étape, c’est l’organisation des élections elles-mêmes. Nous avons proposé qu’il y ait le référendum sur la constitution, qu’il y ait les élections communales et communautaires, couplées aux élections législatives, ensuite terminer par les élections présidentielles. Tout ce travail est possible dans un délai de 24 mois à compter du 05 septembre 2021″, a-t-il souligné.
Plus loin, Ibrahima Diallo rajoute:
‘’Trois ans déjà c’est dans la longueur, plus les mois, nous disons carrément c’est un mandat. C’est pourquoi, nous soupçonnons aujourd’hui le CNRD de vouloir s’éterniser au pouvoir et cela se manifeste par l’arrogance systématique, le mépris total que le CNRD développe à l’égard des forces politiques et sociales du pays”, a-t-il dit avant de demander un dialogue entre le CNRD et les forces sociales et politiques du pays pour déterminer la durée de la transition.
Répondant à la question qui consiste à savoir si l’organisation des manifestions projetées n’est pas un risque aujourd’hui vu que les dernières manifestions sous l’ère Alpha Condé ont été systématiquement réprimées. Le responsable des opérations du FNDC soutien que la manifestation est un droit qu’il utiliseront pour faire comprendre à la junte au pouvoir qu’elle doit composer avec les forces vives de la nation.
‘’La manifestation est toujours le dernier recours. Nous usons de toutes les voies possibles, celle qui consiste à demander le dialogue et la concertation pour qu’on puisse s’entendre sur l’essentiel. Mais à défaut du dialogue et de la concertation, nous usons du droit de manifestation. La manifestation est un droit constitutionnel en Guinée et un droit universel, nous n’avons pas d’autres choix que de nous entendre par les manifestations pour que le CNRD sache qu’il est une partie des acteurs de cette transition. Donc, il a l’obligation et la responsabilité de composer avec toutes les forces vives de la nation pour que les choses se passent dans les normes. Dans les jours à venir, la coordination du FNDC va se retrouver pour définir la date de la reprise des manifestations, c’est évident, c’est urgent”, a annoncé Ibrahima Diallo.
Amadou Oury Barry pour lerevelateur224.com
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