La Cour de Répression des Infractions Économiques et Financières ( CRIEF) a rendu sa décision hier mardi sur la demande de mise en liberté des anciens ministres d’Alpha Condé. Dans cette procédure en référé, les avocats de l’ancien Premier ministre, Dr Ibrahima Kassory Fofana et ses coprévenus ont été déboutés.
Une décision que ses avocats décident d’attaquer en appel pour demander à nouveau, la mise en liberté de leurs clients en prison depuis le 06 avril dernier.
« Dans les débats, le ministère public voulait justifier le bien fondé des délits pour pouvoir dissuader. Parce que systématiquement, l’ensemble des procédures initiées, le parquet a opté pour la détention. Comme y avait deux juges qui se croyaient indépendants, on les a faits sauter automatiquement par un décret. Et le président de la CRIEF était obligé d’obtempérer.
La lutte ici, c’est que, tant que dans la carrière des magistrats, on n’a pas cherché à établir et à rassurer, aucun juge ne peut prétendre être indépendant. Parce que vous faites la tête dure, on va vous faire quatre par décret. C’est ça le problème. Après nos plaidoiries, le ministère public a été incapable de répondre. Parce que, s’il était sur de sa procédure de flagrant délit, pourquoi ne pas partir à audience de flagrance, ça c’est un. De deux, est-ce qu’il y a flagrance en matière d’une infraction traitée par une procédure spéciale comme corruption, blanchiment? Non! Est-ce qu’il ya flagrance quand l’infraction concerne les affaires criminelles ? Non! Est-ce qu’il y a flagrance quand l’infraction concerne les mineurs ? Non! Est-ce que nos clients ont été arrêtés conformément à l’article 475? Non! Est-ce que le procureur était à même de présenter sur le champ nos clients? Non! Donc ce sont des violations », a dénoncé Me Sidiki Bereté, un des avocats de la défense.
Très en colère contre le maintien de ses clients en prison, Me Sidiki Bérété tire au bazooka sur les magistrats de la CRIEF.
« Les juges de la CRIEF ont confié leur carrière à une transition, qui est une petite période courte. C’est la Guinée ça, donc on se voit après la transition. On ne doit pas confier sa carrière à une transition. Ce sont des jeunes qui étaient l’espoir de notre justice., qui ont dit que les vieux sont dépassés, ils sont ceci, ils sont cela, mais eux ils ont venus se noyés.
De toutes les façons, moi nous on reste sur notre faim. Comme on nous exige de comparaître maintenant par la volonté du procureur, in viendra devant le cabinet d’instruction. Ceux qui étaient indépendants là-bas déjà, on les a fait sauter, hein », a-t-il rappelé.
Bah Mohamed