Depuis 2020 sous l’ère Alpha Condé, les responsables du PUR (Parti de l’Unité et du Renouveau) font flèche de tout bois pour obtenir leur agrément auprès du ministère de l’Administration du Territoire et de la Décentralisation mais en vain. Malgré des démarches effectuées ça et là, Louda Baldé et ses cadres n’ont toujours pas obtenu gain de cause. Chose qui les pousse à descendre dans la rue pour se faire entendre.
Dans une entrevue accordée à notre rédaction ce vendredi, 22 avril 2022, Louda Baldé, président du parti PUR, dénonce ce « refus » du MATD de lui délivrer l’agrément de son parti. Pourtant, il dit avoir joué toutes les cartes possibles pour l’obtention de ces documents.
« Je tiens d’abord à rappeler aux militants, sympathisants et au peuple de Guinée que depuis août 2022, nous avons soumis toute la documentation légale pour être un parti agrémenté. Mais avec la situation dans l’ancien temps, on n’a pas pu l’obtenir, parce qu’on était à deux mois des élections présidentielles. Après les élections, nous avons rappelé à l’ordre le régime d’Alpha Condé et on a eu à manifester dans la commune de Dixinn pour qu’on puisse être rétabli dans nos droits. Ce qui n’a pas été fait. Mais vers fin juin et juillet, nous avons encore écrit une lettre au professeur Alpha Condé pour le rencontrer en tant que président. C’était en cours avec le Premier ministre, mais ça n’a pas vu jour parce qu’ils se disaient occupés. Mais nous nous savons que la documentation que nous avons, on nous avait dit au ministère de l’Administration du Territoire et de la Décentralisation que c’était en phase finale, qu’ils attendaient juste l’approbation de la présidence pour nous donner notre agrément. Mais avec le jeu politique qu’on connaissait à l’époque, il fallait jouer ce jeu du système du professeur Alpha Condé. Une chose que nous avons refusée pour le rappeler à l’ordre afin qu’il puisse sortir dans l’honneur. Mais malheureusement, on a pas été écoutés », a-t-il expliqué, avant de poursuivre:
« Donc l’avènement du CNRD au pouvoir, un vent nouveau et l’espoir renaît. On s’est dit de ne pas tout de suite parler d’agrément puisque c’est coup d’État où toutes les institutions sont à terre. J’ai profité de l’occasion de rencontrer les militants et sympathisants qui se trouvent à l’extérieur comme au Canada, aux États Unis et en Europe. Mais avec le coronavirus, je me suis juste limité au Canada. J’ai pas pu aller aux États-unis et en Europe. J’ai rencontré les militants et on a installé les bureaux du parti et je suis revenu au mois de janvier. Mais avant que je ne vienne au mois de janvier, à notre fort étonnement, nous voyons qu’ils ont donné l’agrément à certains partis politiques. Et là, j’ai interpellé mon chargé de mission d’aller s’enquérir des nouvelles au MATD pour voir ce qui se passe.
Nous on pensait qu’on était sous un régime d’exception donc il fallait attendre. Donc, il est effectivement parti et il a trouvé que de manière volontaire, on nous a été mis à l’écart. Je me suis dit que ma présence est nécessaire, je suis revenu et je suis allé faire des démarches au ministère de l’Administration du Territoire, j’ai vu effectivement qu’on a été mis de manière volontaire à l’écart. Tout simplement pour nous, parce qu’on dit trop de vérités à ce gouvernement. Et l’objectif est, il faut aider le Colonel Mamadi Doumbouya et le CNRD à sortir dans l’honneur.
La transition est une période de crise, on les rappelle à l’ordre pour dire: votre honneur est lié au retour à un ordre constitutionnel. Il faut rentrer dans le processus électoral dès maintenant, avant fin décembre 2022 afin que la crise qu’on est en train de vivre puisse s’atténuer. Et apparemment, c’est ce qui ne plaît pas à une partie de ceux qui sont avec Doumbouya. Et ils ont souvent appelé le ministère de l’Administration du Territoire pour mettre le parti de l’Unité et le Renouveau à l’écart », a révélé Louda Baldé, qui dit avoir aussi tenté une autre procédure.
« Je ne me suis pas limité là, parce que je me disais que c’était une rumeur, je suis parti rencontrer le bureau exécutif du ministère pour rencontrer le ministre afin qu’il nous explique ce qui ne va pas avec le dossier du parti PUR. Nous avons écrit une demande d’audience qui n’a jamais abouti. Il n’a pas accepté et j’ai même la décharge avec moi ici. Et à l’appel des coalitions dont mon parti fait partie de l’une d’entre elles (GG), nous avons rencontré le ministre Mory Condé. A la sortie, lorsque nous nous serions les mains, j’ai dit au ministre que le PUR n’a toujours pas son agrément et je vous ai même écrit pour une demande d’audience. Il a fait l’étonné, mais moi je sais que ça vient de la haut. Et sur place, il m’a remis son numéro de téléphone pour que je lui écrive afin que je puisse avoir un rendez-vous. Mais depuis lors, je lui ai écrit et appelé mais sans succès », a-t-il confié.
Après l’échec de toutes ses démarches au MATD, Louda Baldé menace de descendre dans la rue avec ses militants juste après la fin du mois de ramadan.
« Je me suis dit qu’il y a sûrement c’est un manque de volonté quelque part. Ce qui veut dire qu’il y a un groupe de personnes autour du Colonel qui n’aime pas notre communication. Pourtant, nous voulons du bien pour le Colonel parce qu’il a fait quelque chose de grand, donc il faut l’aide à sortir dans l’honneur. Quelle que soit la durée de cette transition, elle finira par un retour à l’ordre constitutionnel. Donc vu que nous avons épuisé toutes nos forces de manière légale à obtenir cet agrément, nous allons encore utiliser une dernière qui est le droit de manifester.
Donc dès après le mois de ramadan, nous allons manifester jusqu’à ce que nous soyons rétablis dans nos droits. Et après la marche qu’on prévoit à Dixinn, nous allons faire un sit-in devant le palais Mohamed V . Donc ce sont ces genres d’actions que nous nous allons préconiser notamment des marches pacifiques dont on a l’habitude de faire de façon responsable sans heurter quelqu’un. Nous manifesterons avec les pancartes et les slogans sans caillasser des voiture, sans perturber la circulation et sans insulter personne », a-t-il conclu.
Bah Mohamed
