L’industrie du textile guinéen est confrontée à une dure épreuve liée à la présence des tissus contrefaits par des chinois sur le marché guinéen.
A un prix raisonnable qui attire de la clientèle, ces tissus communément appelés »Faré-yaré » sont à ce jour en vogue sur le marché. Face à la floraison du tissu, le gouvernement vient d’interdire sa commercialisation sur le marché local.
Une mesure qui divise l’opinion.
Pour Fatou Baldé qui évolue dans la fabrication et la commercialisation du tissu, ce sont des guinéennes qui sont à la base de ce délit de la contrefaçon.
« J’ai effectivement vu des personnes qui portent des contrefaçons de nos textiles et malheureusement, cela impacte négativement les femmes à la base à l’intérieur du pays pour lesquelles le gouvernement a investi pour des modules de formations pour améliorer la qualité de la teinture. Mais ce ne sont pas des chinois qui ont imaginé qu’il faut contrefaire nos habits, c’est des guinéens qui ont pris des échantillons et qui sont partis en Chine pour aller fabriquer en grande quantité pour venir déverser sur le marché guinéen », explique-t-elle.
Si Fatou Baldé approuve la décision du Gouvernement, c’est tout le contraire de ce couturier rencontré qui loue d’ailleurs la célébrité du tissu avec sa facilité d’obtention.
«Chez moi ici, c’est Faré-yaré que j’ai beaucoup reçu. Tout le monde coud ça actuellement. Ils ont modifié leppi, kendily et d’autres tissus guinéens. Ce n’est pas cher, c’est seulement 20.000 francs le mètre. Vraiment, je remercie les chinois », a salué Sviiaga Keita.
Contrairement à lui, Mamadou Saliou Barry également couturier, trouve que cela constitue une menace pour le secteur de l’artisanat et de l’industrie guinéen.
« En ce moment, il n’y a que des Faré-yaré ici, on peut faire 20 complets par jour de ces tissus. Il peut être une menace pour notre artisanat. Il peut même le faire disparaître ».
Après l’interdiction de la commercialisation de la contrefaçon, la labellisation du textile guinéen est une nécessité, estime un fabricant local.
Moussa Rama, pour Lerevelateur224.com
