Le gouvernement guinéen à travers son Premier ministre Mohamed Béavogui, a lancé les assises nationales dans la zone spéciale de Conakry ce lundi, 11 avril 2022. Au lendemain de ce qui devait être une exclusivité pour une sortie heureuse et apaisée de la transition que traverse notre pays, la Coalition Nationale des Acteurs pour la Paix et le Développement émet des doutes sur la réussite de ces assises.
Interrogé par notre rédaction, le président de cette organisation a tout d’abord dégagé ses préoccupations. Pour lui, aucun mécanisme de dialogue concret n’a été établi par le gouvernement afin de permettre aux acteurs concernés de se déterminer. Plus loin, il dénonce la mise à l’écart des acteurs majeurs qui auparavant avaient fait des propositions au ministre de l’Administration du Territoire et de la Décentralisation pour une réconciliation nationale réussie.
“Vous ne pouvez pas faire une assise nationale au même moment où il y a des victimes sans proposer un mécanisme de dialogue. Et ce mécanisme-là, qui doit être parlé.
Il y a eu des victimes, des crimes de sang, des crimes financiers dans le pays. Est-ce que faut-il identifier les bourreaux et les victimes ? Est-ce qu’il faut tenir compte des associations des victimes qui sont créées sous ces différents régimes et les intégrer ? On a proposé tout cela et si toutefois ils (Membres du CNRD ndlr) ne tiennent pas compte de ces aspects et le mécanisme de justice parce qu’on ne peut pas dire seulement « Justice-Pardon et Renonciation ». Donc, journées de pardon, il faut d’abord »vérité et pardon » mais il faut la justice. Mais cette justice, on a dit que la justice classique que nous connaissons est lourde. Alors, mieux vaut faire une justice transitionnelle à l’image de l’Afrique du Sud. Parce qu’en Guinée, ce n’est pas le plus souvent entre les citoyens, mais entre l’Etat qui réprime son peuple dans le sang quand il revendique à travers les manifestations. Et c’est l’Etat qui a toujours réprimé en Guinée son peuple dans le sang. Qui doit demander pardon ? Les bourreaux, on les connaît car ils sont du côté de l’Etat. Voilà entre autres notre préoccupation. Il faut un dialogue sincère et inclusif sans quoi ces assises vont être juste une mise en scène après la fin des assises on demandera qui a parlé à qui et au nom de quoi ?”, lance t-il.
Ibrahima Aminata Diallo dénonce l’exclusion des acteurs sociaux majeurs des assises nationales.
Moussa Rama, pour Lerevelateur224.com
