En sommet extraordinaire samedi, 25 mars dernier à Accra, les Chefs d’État de la CEDEAO ont statué sur la situation en Guinée, au Mali et au Burkina Faso. Trois pays de l’Afrique de l’Ouest dirigés par les militaires depuis plusieurs mois maintenant. Pour le cas particulier de la Guinée, un ultimatum a été donné à la junte au pouvoir depuis le 05 septembre 2021.
Le président guinéen de la transition, le Colonel Mamadi Doumbouya et ses hommes ont jusqu’au 25 avril prochain pour présenter un calendrier acceptable de la transition. Faute de quoi, les autorités seront sanctionnées. Des menaces que le porte-parole du gouvernement prend avec les pincettes. Pour Ousmane Gaoual Diallo qui est intervenu dans l’émission Mirador de la radio FIM Fm ce lundi, 28 mars, la CEDEAO doit faire beaucoup attention!
«Je pense qu’il faut comprendre deux choses, la CEDEAO est dans son rôle de brandir des menaces de sanction, notre pays n’a jamais évolué sous le joug de sanctions telles qu’elles soient. Aucun pays n’évolue comme ça, il faut faire attention à ça. La CEDEAO est un partenaire important pour la Guinée, mais la Guinée est un partenaire important pour la CEDEAO. Je pense que ce rapport doit être compris comme cela. Nous sommes pas autour de la table des chefs d’État qui ont décidé de cela, la Guinée n’a pris aucun engagement de délivrer un chronogramme à la CEDEAO Pour telle et telle période, ça ne fait pas partie des échanges que nous avons eus avec cette institution. Je pense que la CEDEAO aussi doit faire attention!’’, a dit Ousmane Gaoual Diallo, avant de poursuivre :
« Aujourd’hui, les peuples africains s’interrogent sur la véritable mission de la CEDEAO. Est-ce qu’elle a renforcé les institutions démocratiques de notre sous région? Est-ce qu’elle a favorisé l’ancrage démocratique ? Est-ce qu’elle est venue au secours des pays ? On a des pays qui sont en désintégration, pourtant des pays très importants qui sont le Nigéria, le Niger, le Burkina Faso et le Mali qui ont de véritables problèmes. Est-ce que cela intéresse la CEDEAO ? Leur stabilité. Quand on dit qu’un pays est sous le joug d’une sanction, ça veut dire quoi ? Ça veut dire conduire le pays vers plus de pauvreté, plus de difficultés pour ses populations ? Est-ce la mission des présidents de la CEDEAO? Il faut faire attention là dessus! Ce qui est clair, c’est que la Guinée n’évolue pas sous le diktat de qui que se soit, même de la CEDEAO. Notre pays a une histoire qui est connue. Depuis 1958, nous traversons des périodes extrêmement difficiles. La CEDEAO était où de 2010 à 2020, nous ne souffrons pas? En 2007, ils étaient où? En 1985 ils étaient où la CEDEAO, elle n’existait pas? Je pense que y a des étapes qui sont très importantes. Notre pays a un contexte et une situation qui méritent d’être connus, respectés et suivis pour l’accompagner. Nous avons besoin de la CEDEAO, mais pour nous accompagner. La CEDEAO ne fixe pas des capes à la Guinée’’, a précisé cet ancien proche de Cellou Dalein Diallo.
Ibrahima Camara pour lerevelateur224.com
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