Après la prise du pouvoir par le CNRD le 05 septembre 2021, l’un des chantiers phares auxquels les autorités ont décidé de s’atteler figurent en bonne place, les chantiers de la réfondation de l’Etat et de la rectification institutionnelle. Deux concepts qui continuent d’alimenter les débats dans la cité.
Interrogé sur ces deux concepts ce lundi,14 février 2022 par nos confrères de radio Fim Fm dans la rubrique« Invité», Dr Fayimba Mara, juriste constitutionnaliste et professeur d’Université estime que ces deux contextes doivent faire l’objet d’un débat national pour expliquer ces deux concepts au peuple de Guinée.
“Est-ce que le contexte de réfondation s’accommode, est-ce ça colle avec ce que les nouvelles autorités sont entrain de réaliser concrètement? Est-ce que de l’autre côté on aurait pu parler de réfondation institutionnelle?
Alors, entre ces deux contextes, quel est le contexte qui devrait être adopté? Ça n’a pas fait de l’objet de débats. Je crois que ça devrait faire l’objet d’un débat national. Aujourd’hui, on allait se mettre d’accord autour d’un contexte consensuel. Ça n’a pas été fait, mais ce qui reste clair, parler de réfondation de l’Etat dans le contexte que nous connaissons, c’est que c’est un mot très lourd. Il est lourd et aujourd’hui, il ne s’applique pas parce que refonder veut dire casser complètement tout pour reprendre. Alors est-ce qu’aujourd’hui si tel est le sens du contexte de la notion réfondation, est-ce que ça colle à la réalité ? Je dis non. Par contre, si on parle de réfondation institutionnelle, parce que qui parle de l’Etat, ce sont les institutions. L’État repose sur les institutions et si il y a des problèmes aujourd’hui, ce n’est pas l’Etat qui a des problèmes,mais plutôt ce sont des institutions qui ont des problèmes. Et les institutions en elles-mêmes n’ont pas de problèmes. Ce sont des hommes qui ont été à la tête de ces institutions à un moment donné qui n’ont pas voulu incarner ces institutions. C’est-à-dire, ils ne sont pas restés dans l’esprit de ces institutions pour pouvoir répondre aux attentes de la nation Guinéenne”, a t-il souligné.
Son avis par rapport à l’évolution de la transition notamment la durée, ce professeur d’Université regrette qu’après 6 mois le CNRD n’arrive toujours pas à proposer un chronogramme aux Guinéens. C’est pourquoi, il demande au CNRD d’organiser des concertations avec les toutes forces vives de la nation afin de déterminer un chronogramme.
“Aujourd’hui, il n’ y pas de visibilité dans la transition parce que tout ce qui a été défini comme mission n’est pas entrain d’être déroulé dans un chronogramme partagé et dans un délai précis pour que nous ayons tous des outils conventionnels qui peuvent nous permettre d’évaluer ce qui est fait aujourd’hui, et ce qui reste à faire. Aujourd’hui, on est tous dans le flou total parce qu’on n’a pas de boussole pour suivre effectivement le fil de la transition. Quand les uns disent que la transition est éminemment politique, d’autres refusent, pourtant c’est ça la vérité. En prenant des grandes décisions, on ne peut pas exclure les parties prenantes de la transition et les parties prenantes de la transition ce sont les forces vives de la nation. Quand vous parlez des forces vives de la nation, ce sont les partis politiques, la société civile en plus, il faut prendre les représentants du gouvernement et les représentants du CNRD. Tant que les parties prenantes ne sont pas autour d’une table de concertation pour décider des grandes décisions qui doivent s’appliquer pendant cette période transitoire, ça va être très compliqué pour s’en sortir. Il faut reconnaître que nous sommes encore dans une situation comme l’eau était encore trouble. Or, on a besoin d’un capitaine du bateau pour pouvoir mener au bon port(…)Je crois que le CNRD doit rester à l’écoute de son peuple. Et aujourd’hui que le CNRD revienne vers le parties prenantes et que le CNRD même si il est titulaire du pouvoir, mais ne pense pas que tout va être décidé à son niveau sans la collaboration des autres parties prenantes de la transition. Alors C’est de se retrouver avec toutes les parties prenantes autour d’une table pour décider les grandes lignes pour la réussite transition”.
Camara Mamadouba
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