Les autorités dans leur dynamique de récupération des domaines ne compte pas s’arrêter en si bon chemin estiment-elles. L’espace culture ‘’Fougou Fougou’’ situé sur la corniche de Tombo, non loin du Palais du Peuple est dans le viseur du CNRD.
A la devanture de ce jeudi 10 février, où un de nos reporters a sillonné, on peut apercevoir des hommes en uniforme postés-là. Interrogés, ils déclarent que l’ordre vient de la hiérarchie pour surveiller les lieux afin d’éviter toute introduction d’autrui.
Présent sur place, l’administrateur général de ce lieu de loisir, Alia Camara, dit ne pas avoir reçu un document lui signifiant de quitter. Il soutient que cet endroit est l’unique coin pour les artistes guinéens qui n’ont pas de moyens de se produire dans les grands lieux culturels.
« On paye toutes les taxes de l’État, et on a tous les documents. Venir garer les véhicules sans préavis, et on ne sait pas pour quelle raison ils l’ont fait. Nous aussi, nous sommes fils de ce pays ; on a contribué pour ce pays et toute l’économie qu’on a gagné de 2007 à 2012, c’est cet argent qu’on est venu réinvestir à Fougou Fougou pour que la culture guinéenne ne souffre. C’est le seul coin aujourd’hui pour les artistes guinéens qui n’ont pas les moyens, à qui on ne peut pas donner des milliards comme avec le concert de la paix que les autorités viennent d’organiser. Ils (membres du gouvernement ndlr) prennent notre contribution qui s’élève à trois milliards de francs guinéen et donner cela aux artistes étrangers tandis que que les artistes guinéens sont là entrain de souffrir », dénonce-t-il.
Face à cette situation, il dit ne pas compter baisser les bras, raison pour laquelle, ils ont annoncé une poursuite contre les autorités devant les juridictions.
« Nous aussi, on va les attaquer en justice. Comme ils ont dit que la justice est désormais notre boussole, on prendra un avocat pour les attaquer à la justice militaire pour voir si on va bénéficier d’un dédommagement. Parce que là, ce sont nos investissements qui sont en train de partir . Les différents spectacles qui sont programmés ici jusqu’au mois de décembre, on les perdra tous », regrette Alia Camara.
A rappeler que cette récupération du patrimoine bâti de et non bâti de l’État s’étendra sur tout l’étendue du territoire national, ont annoncé les autorités guinéennes.
Moussa Rama, pour Lerevelateur224.com
