Plus de 72 heures après le coup de force ayant évincé Alpha Condé du pouvoir, les nouvelles autorités de Conakry doivent se pencher sur la gestion de la transition afin de conduire le pays vers le rétablissement de l’ordre constitutionnel.
Si le premier discours du nouvel homme fort de Conakry est très rassurant, l’agitation de certains acteurs politiques et sociaux depuis l’annonce d’un gouvernement d’union nationale est quant à elle très inquiétante. Cela nous amène à nous questionner sur l’éventualité d’une répétition des erreurs du passé, car tous ceux qui s’agitent et expriment leur volonté de participer à la gestion de la transition ne sont pas forcément animés de bonne foi.
Raison pour laquelle, le colonel Doumbouya et ses collègues doivent s’armer de vigilance et de fermeté car, si le peuple dans sa grande majorité les a applaudi, ils ont le devoir moral de ne pas décevoir et doivent savoir qu’ils seront les seuls à porter l’entière responsabilité de tout ce qui adviendra.
Pour ce qui est du gouvernement de transition, il faut qu’il se base sur des critères de compétence et de bonnes moralités avérées, pas sur des arrangements politiques et communautaristes.
D’aucuns, pour des questions électoralistes et de calendrier personnel, vont certainement envisager une accélération de la transition, mais moi je suis de ceux qui pensent qu’il faut se donner le temps de jeter les bases d’une véritable démocratie.
Il faut doter la Guinée d’un système électoral infaillible, avec des outils technologiques pouvant garantir la transparence des élections;
Rétablir l’unité nationale à travers la mise en place d’une coordination nationale des sages de Guinée en lieu et place des quatre coordinations des régions naturelles;
Lutter contre l’impunité et le favoritisme en donnant l’exemple dans son propre camp;
Rendre à la justice ses lettres de noblesse, à travers la promotion et la valorisation des magistrats les plus honnêtes.
Cher colonel Doumbouya, encore une fois, restez ouvert mais vigilant et ferme.
Que Dieu vous assiste pour le bonheur du peuple de Guinée.
Cheick ALIOUNE, Observateur indépendant.
