Le conflit entre agriculteurs et éleveurs avait occasionné les 12, 13 et 14 Janvier 2024, de vives réactions des agriculteurs de Lainé, sous-préfecture relevant de la préfecture de Lola. Maisons calcinées, boutiques vandalisées et plusieurs autres dégâts matériels enregistrés. C’étaient entre autres la triste scène à laquelle on avait assisté à l’époque. C’est à l’issue de cette altercation que 71 personnes (15 femmes et des mineurs, mais aussi des vieilles personnes), avaient été interpelées et conduites dans les lieux de détention du pays.
Informé de la situation après presqu’un an de prison ferme, le Président de la transition, général Mamadi Doumbouya, à travers le Ministre de la justice et des droits de l’homme, a ordonné la libération de tous les détenus dans cette affaire sans procès, en ce début d’année 2025.
Venu les accompagner à leurs domiciles ce jeudi 3 janvier 2025, le président national de la jeunesse forestière, a déclaré ceux-ci : « L’objectif de notre présence ici à Lainé, c’est de venir accompagner les 71 personnes qui ont été arrêtées et conduites dans les prisons de la Guinée, qui ont été libérées par le Président de la transition, général Mamadi Doumbouya. »
Selon Simon Pierre Camara, l’incident s’est produit au mois de Janvier 2024. « Je crois qu’il y a eu une incompréhension entre les éleveurs des zébus et les agriculteurs. Et l’incompréhension a provoqué des manifestations, il y a eu des boutiques cassées, des maisons brulées, même l’ex-maire de Lainé, chez lui a été endommagé. Donc, c’est suite à un mécontentement entre ces deux parties, que ces personnes ont été interpelées et conduites dans les différentes prisons de la Guinée», a-t-il rappelé.
Et de poursuive : ‘’je crois que Dieu le tout puissant et ensuite tous les ressortissants de Lainé à Conakry, à travers le monde, se sont mobilisés pour contribuer à la libération de ces personnes. Et depuis des mois, nous étions en train de tenir des réunions, pour pouvoir trouver des canaux par lesquels il faut prendre pour que ces personnes puissent être libres. Parce que nous savons que le Président de la transition, dans son calendrier, prône la paix, prône la réconciliation, la cohésion sociale entre les fils de notre pays. Donc, nous savions qu’en allant dans ce sens, toutes ces personnes que vous voyez aujourd’hui, devraient être libres. Voilà pourquoi nous nous sommes engagés avec beaucoup de personnes qui étaient avec nous. Qu’ils soient de la Guinée forestière, qu’ils soient d’autres régions, se retrouver pour pouvoir se battre pour la libération de ces personnes’’, a laissé entendre le premier responsable de la jeunesse forestière.
Pour résoudre ce problème, Simon Pierre fait des propositions. « Ce que je propose à la population de Lainé, comme vous l’avez vu tout à l’heure, c’est l’acceptation, le vivre ensemble, la cohabitation pacifique, la tolérance entre éleveurs et agriculteurs. Et nous demandons aussi aux autorités guinéennes de faire la part des choses. C’est-à-dire, de trouver des domaines pour les agriculteurs et de trouver aussi des domaines pour les éleveurs et que chacun respecte ce que l’Etat va lui donner comme domaine. Si cela se fait dans les règles de l’art, je crois qu’il n’y aura pas de problème comme ce que nous avons connu», a estimé Simon Pierre Camara, avant d’adresser un message aux autorités.
‘’Vous avez constaté qu’il y a plus d’un an, beaucoup de personnes ont perdu leurs domaines de culture, il y a des gens, des commerçants qui ont perdu des boutiques, des marchandises ; nous demandons à l’Etat de venir à leur aide. Même à travers des sacs de riz, en tout cas, tout ce qui est nécessaire pour que ces personnes puissent vraiment survivre’’, a-t-il interpellé.
A préciser que ces 71 citoyens de Lainé étaient repartis dans les maisons centrales de N’Zérékoré, Kindia et de Conakry.
JOB BEAVOGUI, de retour de Lainé, pour Lerevelateur224.com.
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