Encore une nouvelle crise d’essence signalée dans la cité de M’Bemba Alpha Kabinet Kaba. C’est depuis dans la journée du vendredi 27 décembre 2024, sur fond de rumeur d’une éventuelle crise en cette fin d’année, que la ville de Kankan est confrontée à une pénurie de carburant. Sur plus d’une vingtaine de stations-service sillonnées par notre correspondant régional à travers la ville, seules quelques-unes servent de l’essence, les autres complètement fermées.
Cette situation provoque la chute libre du prix du carburant dans les marchés noirs dans la commune urbaine et les rares litres qui étaient disponibles sur le marché noir se sont volatilisés. Les vendeurs informels, qui possèdent encore quelques bidons, proposent le litre à des prix exorbitants, entre 15 000 et 20 000 francs guinéens.
Pendant que toute la population du Nabaya s’interroge, l’inspecteur régional de la Société Nationale des pétroles (SONAP), Mamadi Gbèman Kaba évoque plutôt un problème de « planning déséquilibré ». Il explique que c’est l’affluence des fidèles chrétiens cherchant à s’approvisionner en carburant à l’occasion des festivités des fêtes de fin d’année, qui a engendré cette situation, donnant l’impression d’une crise.
‘’Nous avons été un peu déséquilibrés dans notre planning. Le 24 décembre dernier, presque toutes les stations disposaient de carburant. Selon nos prévisions, cela aurait suffi pour couvrir les besoins de consommation de Kankan. Mais avec les fêtes, les fidèles chrétiens se sont mobilisés pour s’approvisionner en grande quantité. Ce qui a conduit la population à croire qu’une crise se profilait. Les gens ont vidé les stocks en achetant du carburant qu’ils ont ensuite stocké dans leurs concessions, ce qui a perturbé notre planification’’, a-t-il déclaré.
Alors que la crainte s’intensifie sur une crise de carburant, le patron régional de la Société Nationale des Pétroles a tenté de rassurer les consommateurs. ‘’Tout devrait rentrer dans l’ordre d’ici lundi au plus tard. Les chargements sont en cours, car la situation a touché toute la Guinée. Une priorité a été donnée à certaines grandes villes, comme le Grand Conakry. Aujourd’hui, ils chargent le gasoil, et demain dimanche, ce sera au tour de l’essence. Ce n’est pas une crise à proprement parler, mais plutôt un décalage dans notre programme’’, rassure Mamadi gbaman Kaba.
Pour l’inspecteur régional de la SONAP à Kankan, cette situation serait dû au manque d’infrastructures de stockage depuis l’incendie du dépôt principal des hydrocarbures de Kaloum, il y a juste une année.
‘’Ce que beaucoup ignorent, c’est que la Guinée ne dispose pas de dépôt de carburant depuis un an. Dès que les bateaux arrivent, nous transférons directement le carburant dans des camions pour approvisionner les stations, et cela se fait de manière rotative. Nous alternons entre l’essence et le gasoil selon les besoins. Cependant, cette méthode perturbe parfois notre planification. Actuellement, le carburant est disponible à Conakry, mais notre planning a été légèrement décalé’’, a-t-il fait savoir.
En attendant la résolution de ce problème, une grande inquiétude s’installe chez les citoyens qui peinent à s’approvisionner de cette perle noire.
Depuis Kankan, Fassou CAMARA, pour Lerevelateur224.com.
