L’entrepreneuriat, c’est aussi l’apprentissage d’un métier. C’est ce qu’approuve cette jeune dame assise sous un hangar, en train de fournir ses efforts pour subvenir à ses besoins. Après trois ans d’expérience dans l’artisanat, Go Mayéré Armelle peut se frotter les mains.
Sa motivation, ses conseils à ses confrères et consœurs, mais également son cri de cœur à l’endroit des autorités ivoiriennes, Armelle s’est confiée à cœur ouvert à un journaliste du site Lerevelateur224.com.
‘’Au fait, ma motivation est venue des femmes Burkinabès. Quand vous allez sur les pages des Burkinabès, ce sont des femmes qui tissent les pagnes traditionnels pour valoriser leur culture. Donc, c’est ce qui m’a motivé aussi d’embrasser ce métier pour valoriser la culture Dan’’, a déclaré la jeune dame.
Avec ce métier, Go Mayéré Armelle arrive à joindre les deux bouts. ‘’Depuis que j’ai commencé, je me retrouve dedans quand même. J’arrive à me nourrir. Le métier, il nourri toujours son homme. Tant que tu apprends avec amour, tu te nourris. Donc, j’arrive à faire mes petits besoins sans demander à quelqu’un’’.
Au regard de la portée incontestable de l’apprentissage d’un métier, Go Mayéré Armelle invite ses consœurs à faire comme elle. ‘’En tout cas, je ce que je demande à mes frères et sœurs, ils n’ont qu’à apprendre un métier, c’est très important. Quand tu as ton métier, tu n’auras pas assez de difficultés, tu ne seras pas confronté à d’énormes problèmes. Parce que quand tu es avec ton métier, c’est déjà bon. C’est déjà un atout. Ce que tu fais, pourra t’apporter plus tard. Donc, c’est mieux d’apprendre un métier. C’est très important. Et puis, de ne jamais avoir honte de ce que tu fais. Quand tu te fixes un objectif, fais de sorte pour atteindre ton objectif. Mais avoir honte devant des gens pour dire si je fais ça, il y aura ça ; même moi, à mon début, c’était comme ça. J’ai subi des moqueries, des injures et les filles de mon âge s’approchaient de moi pour dire c’est parce que tu n’as pas autre travail que tu fais ça ou quoi ? Je disais non ! C’est le métier que je veux apprendre. Parce que ça me plaît bien, je veux apprendre. Et Dieu merci aujourd’hui, je me retrouve bien dedans’’, précise la tisseuse.
Assise sous un hangar couvert de basse, exposée aux vagues de poussière par manque de moyen, la jeune tisserande sollicite l’appui matériel et financier auprès du gouvernement ivoirien, ainsi que des personnes de bonne volonté, pour agrandir son atelier, afin d’embaucher les passionnés de ce métier.
‘’Mes difficultés aujourd’hui, je n’ai pas assez de moyens pour agrandir mon atelier. Je n’ai pas les moyens. Même actuellement, j’ai eu des filles qui m’ont vu en train de travailler, elles ont envie d’apprendre auprès de moi, mais pour le moment, je ne peux pas les embaucher. Parce que les moyens me manquent. Le peu que j’ai, ne peut pas me permettre de les prendre en charge. En tout cas, j’ai besoin d’appui financier, avoir un fond pour avoir au moins un local bien approprié, afin d’aider les filles et même les jeunes garçons qui veulent apprendre. J’ai besoin d’un grand magasin. Parce que quand on tisse, il doit y avoir un lieu de stockage, mais également un espace pour les couturiers. Vous-même, vous regardez quand je tisse, il faut que je cède la place à mon mari pour coudre.
Donc, j’ai vraiment besoin de l’aide du gouvernement, de me venir en aide, afin que je puisse agrandir mon local et embaucher aussi les filles qui ont besoin d’apprendre. C’est ce message que je lance au gouvernement, je leur demande pardon’’, a plaidé Go Mayéré Armelle.
Il faut rappeler qu’en marge de la 7ème édition du festival du Tonkpi Nihidaley de la communauté Dan 2024, Go Mayéré Armelle a été lauréate de la région de Man, située au Sud-Est de la Côte d’Ivoire.
JOB BEAVOGUI, de retour de Man/Côte d’Ivoire, pour Lerevelateur224.com.
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