La rumeur sur la pénurie d’essence s’est propagée comme une traînée de poudre dans la ville carrefour de Mamou, soulevant de vives inquiétudes chez les détenteurs d’engins roulants. Des conducteurs qui, très tôt dans la matinée de ce vendredi 06 décembre, ont vite rallié les stations-services pour toucher du doigt cette réalité.
Amadou Barry est un taximan rencontré au carrefour Kimbely. Depuis 6h du matin, il traine derrière du carburant, mais en vain. Il explique le calvaire qu’il traverse.
‘’Nous à Mamou ici, nous souffrons. Parce que c’est pas facile de gagner l’essence surtout quand vous êtes pressés pour aller travailler, faire mototaxi. Les conducteurs de motos-taxis souffrent, les autorités n’ont qu’à nous aider. Quand vous venez à la station, c’est pas comme avant, c’est difficile d’avoir quelques litres, surtout quand vous vous rencontrez avec des camions, des poids lourds. Et les vendeurs des marchés noirs aussi ont augmenté le prix. Hier, j’ai acheté trois litre à Tambassa vers 22 heures, chaque litre 20.000 GNF, ce qui fait 60 000 GNF en tout’’, a-t-il déploré.
Même son de cloche chez Amara Sylla, un autre conducteur de mototaxi. ‘’L’affaire de carburant c’est une inquiétude pour nous. J’ai appris ce matin que l’essence est là, mais jusqu’à présent, moi je n’ai pas gagné une goutte. Je me demande si les pompistes ne travaillent pas en fonction des relations qu’ils ont avec certains conducteurs et même chez du marché noir. Puisque parfois, quand tu viens, ils te disent d’attendre que tu seras servi, tu vas t’arrêter là-bas jusqu’à te fatiguer, si tu es pressé, tu seras obligé d’aller acheter au marché. Là-bas aussi, 14.000 ou 15.000 et même plus. Vous voyez c’est pas facile. Donc, ils n’ont qu’à tout faire pour aider les motards, sinon, c’est toute la population qui va souffrir.
Imaginez-vous, achetez un litre à 15.000 ou 20.000 francs, vous êtes obligé d’augmenter le transport pour pouvoir compenser le prix de l’essence que vous avez utilisé’’, a-t-il interpellé.
Interrogé sur la question, un autre conducteur d’engin roulant, a cependant invité la population à ne pas provoquer une crise, car selon lui, c’est les vendeurs du marché noir qui augmentent les prix de façon fantaisiste.
‘’La Guinée ça toujours été comme ça. Même s’il n’y a pas de crise, les gens veulent qu’il y ait de la crise pour se nourrir sur le dos des autres. Sinon, il y a combien de stations-services à Mamou ? C’est trop. Mais les gens préfèrent acheter pour aller conserver dans leurs maisons en complicité avec certains gérants de stations pour que la population souffre. Et si vous remarquez, c’est les premiers à dire qu’il n’y a pas d’essence à la station, mais moi j’en ai. Si vous payez tel prix, je peux vous aider à en avoir. C’est vraiment regrettable dans ce pays. C’est pourquoi, le gouvernement doit être déterminé à traduire en justice toutes ces personnes malintentionnées qui font souffrir les citoyens pour accumuler de gros bénéfices’’, a-t-il invité.
Depuis Mamou, Ibrahima Molota SOUMAH, pour Lerevelateur224.com.
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