Aucun pays communiste n’a fait et ne fera pire, et, même le régime d’Augusto Pinochet, cette autre dictature militaire qui s’est abattue sur le Chili comme une malédiction.
C’est inédit ce que nous vivons. Pire que sous Sékou Touré, le pays connaît une chute brutale de toutes les valeurs. Au moment où, les autres sont à la conquête de l’espace, à l’inauguration des TGV ou enregistrent des progrès économiques fulgurants, les Guinéens eux, se rivalisent dans la démagogie et se lancent dans un concours de slogans et superlatifs vides et misérables pour remporter le prix du meilleur courtisan ou faire preuve de loyauté.
Jamais de notre histoire, le pays n’avait atteint un tel niveau de paresse, de soumission aveugle et de résignation à tous les niveaux. Place désormais aux chants et danses au profit des nouveaux maîtres du pays. On chante à la gloire du chef. On tape dans le ballon dans tout le pays en appauvrissant davantage la population avec des tournois dotés je ne sais de quel trophée?
L’école, le commerce et l’agriculture sont à l’arrêt. Chacun doit venir dans les rangs pour applaudir les mensonges de bonheur enfouis dans Simandou 2040 avec des marchands d’espérance. C’est un impératif d’être dans l’esprit au risque de se faire enlever ou couper les vivres. C’est au nom de la refondation, cet enfant adultérin de la transition. A prendre ou à laisser. C’est le choix qui s’impose à tous de gré ou de force.
Le pays retombe dans les années sombres du parti-État et d’homme providentiel. C’est la pensée unique avec un seul maître à bord désormais. Il faut vivre CNRD, respirer refondation et glorifier son guide suprême et envoyé du ciel pour faire du Simandou une réalité. C’est la nouveauté au pays. Et quiconque s’opposerait ou penserait autre que la volonté et esprit CNRD aura commis un crime de lèse-majesté.
Ainsi va le pays depuis le 5 septembre 2021…
Par Habib Marouane Camara, éditorialiste.
