Depuis quelques semaines, une campagne de vulgarisation de l’avant-projet de la nouvelle constitution est lancée par le Conseil national de la transition (CNT), sur toute l’étendue du territoire national. Des missionnaires du CNT séjournent dans le sens à l’intérieur du pays, pour dit-on, expliquer aux populations le contenu de cet avant-projet de loi fondamentale.
Dans la région forestière, l’exposition de ce document suscite des réactions chez plusieurs acteurs politiques. Moïse Haba, coordinateur régional du bloc libéral à N’Zérékoré est impliqué dans le processus. Il trouve certains points positifs et d’autres négatifs.
‘’J’ai participé à des séances d’expositions de l’avant-projet de la constitution, j’ai vu qu’il y a des points positifs. Par exemple, on va vous parler de la possibilité pour un citoyen de la saisine de la Cour Suprême directement, on va parler des mesures sur la reforme agréée, c’est-à-dire pour la prochaine fois, une entreprise étrangère ou un étranger ne peut plus se procurer d’une superficie très étendue de la terre en Guinée. Et ça, ce sont des points qui intéressent la Guinée. Parce que quand on voit la situation à Lola avec les questions de zébus, c’est vrai que ce sont des africains, mais ce sont des maliens, des sénégalais, des béninois, des nigériens qui viennent avec un nombre élevé. Et ils déversent sur les terres agricoles de nos pauvres populations.
Aujourd’hui, ça fait des morts de personnes, des pertes économiques très importantes. Bientôt la récolte, et puis vous allez voir des milliers de bœufs. Je crois que c’est une question qui va résoudre cette partie. J’ai vu aussi la gratuité et puis l’obligation par rapport à la scolarisation des enfants d’un jusqu’à 16 ans, j’ai vu aussi l’aspect sanitaire. Ce sont des points positifs’’, a salué Moïse Haba.
Toutefois, quelques points selon lui sont négatifs et méritent d’être changés. ‘’Tout n’est pas comme ça. Puisque c’est un avant-projet, il y a des situations que j’ai vu là-bas, qu’il faut en discuter. C’était bon que les guinéens en majorité donnent leurs points de vue. C’est le moment d’en débattre. Par exemple, quand on parle de la création d’une 2ème chambre qu’on va appeler le SENAT. C’est vrai qu’ils ont dit qu’ils doivent être consultés quand il s’agit des nominations à des postes. Mais, il faut le reconnaitre, comment ça va fonctionner ? Comment les gens vont y arriver pour être membres ? Donc, moi, je me dis que notre pays n’a pas besoin de ça d’abord. Une assemblée a une seule chambre.
Je voudrais qu’on parle clairement que toutes les ethnies doivent participer à la gestion de notre pays. Et conséquemment, au lieu de parler de l’appartenance territoriale, qu’on parle de l’appartenance ethnique. Parce que les gens voudraient que si on prend quelqu’un à Lola, que ça soit un Kônon ou un Manon. Pourquoi ne pas en parler ? Pourtant, on connait aujourd’hui que l’un des problèmes de notre pays, c’est cette question ethnique.
Le fait qu’on mette une période de sureté de 30 ans avant de procéder à n’importe quelle modification dans la constitution, moi, je dis non ! 30 ans c’est trop. Même 5 ans, on peut voir déjà des imperfections dans un texte qui régit le fonctionnement d’un Etat’’, a contesté le coordinateur régional du bloc libéral à N’Zérékoré.
Par ailleurs, Moïse Haba a mentionné qu’en étant un politique, ‘’nous, on se fie à ce qui se dit officiellement. Si maintenant on entendait autre déclaration dans une radio ou télé, on aurait pris de position’’.
Depuis N’Zérékoré, JOB BEAVOGUI, pour Lervelateur224.com.
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