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Réflexion sur la transition militaire en Guinée: « Le Président Doumbouya n’est pas plus guinéen que le Président Dadis »

18 novembre 2024
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« Le Président Doumbouya n’est pas plus guinéen que le Président Dadis »

Cette phrase du Président Aliou Bah prononcée aujourd’hui au cours du débat qui était prévu entre lui et le Premier ministre puis remplacé par ce dernier par son conseiller incapable de raisonner, renferme une vérité fondamentale sur l’égalité entre les citoyens et invite à une analyse critique des parcours politiques et des défis des transitions militaires en Guinée. Bien que prononcée dans un contexte précis, cette affirmation dépasse la simple comparaison entre deux chefs d’État militaire et soulève des questions cruciales sur la gouvernance, les responsabilités des leaders militaires, et les aspirations démocratiques du peuple guinéen.

Une similitude dans les parcours : des transitions militaires aux ambitions personnelles.

Moussa Dadis Camara, President de la transition militaire de 2008 à 2009, et Général Mamadi Doumbouya, actuel Président d’une autre transition militaire, incarnent deux figures issues d’un même cadre institutionnel : l’armée. Tous deux ont accédé au pouvoir par un coup d’État, justifiant leur action par la nécessité de mettre fin à des dérives politiques et institutionnelles.

Cependant, l’Histoire montre que le pouvoir militaire en Guinée s’est souvent éloigné des objectifs initiaux de réforme pour sombrer dans des logiques de conservation du pouvoir. Capitaine Dadis, après avoir promis une transition rapide, s’est progressivement enfermé dans une posture autoritaire, menant à la tragédie du 28 septembre 2009, où des centaines de Guinéens furent massacrés, aujourd’hui il est condamné pour sa responsabilité de chef militaire et de commandement des forces armées.

Aujourd’hui, le compatriote Mamadi Doumbouya, qui avait promis une rupture avec les pratiques du passé, donne l’impression de reproduire des schémas similaires. La lenteur de la transition, les tensions politiques, et les signaux d’une potentielle volonté de s’éterniser au pouvoir suscitent des interrogations légitimes. Ce parallèle soulève une question : l’armée guinéenne est-elle condamnée à répéter les mêmes erreurs ? Sont-ils responsables du retard de la Guinée ? La réponse est vraisemblablement oui.

L’égalité des responsabilités et des droits

En affirmant que M. Doumbouya n’est pas « plus guinéen » que Dadis, le Président du MoDeL rappelle que les deux figures ne sont que des citoyens parmi d’autres, soumis aux mêmes devoirs envers la nation. Le patriotisme n’est pas une exclusivité du pouvoir militaire. Les promesses de restauration de l’État et de défense des intérêts de la Guinée doivent être mesurées par des actes concrets et non par des discours.

Or, les ambitions personnelles qui transparaissent dans les transitions militaires risquent de trahir cette égalité. Dadis avait fini par considérer son rôle comme un droit au pouvoir, oubliant qu’il était d’abord au service du peuple pour une transition. Doumbouya semble emprunter un chemin similaire aujourd’hui, où la centralisation des décisions et l’absence de perspectives claires sur la fin de la transition alimentent des craintes, où la propagande et les mouvements de citoyens consomment l’argent public comme bon leur semble, aux yeux de tout le monde.

L’histoire comme enseignement, une vie sans brouillon.

La Guinée a déjà souffert des conséquences d’une transition militaire mal gérée. Le massacre du 28 septembre 2009 reste une plaie ouverte dans la mémoire collective. Cet événement montre à quel point une gouvernance militaire qui se ferme au dialogue peut conduire à des violations graves des droits humains et à une instabilité durable.

Le Président Mamadi Doumbouya doit tirer les leçons de cet épisode tragique pour éviter de tomber dans les mêmes travers. L’Histoire n’a de sens que si elle éclaire l’avenir. Répéter les erreurs du passé reviendrait à nier les sacrifices consentis par les Guinéens pour la justice et la démocratie.

Une transition au service de l’histoire, pas des ambitions personnelles pour le moment: des conseils.

Pour éviter que son nom ne soit associé aux échecs de son semblable, Mamadi Doumbouya doit impérativement :

1. Fixer un calendrier crédible de la fin de la transition : Une gouvernance transparente et orientée vers la remise du pouvoir aux civils est essentielle pour restaurer la confiance. Aujourd’hui il est impossible d’organiser une élection avant le 31 décembre, mais il est possible de les organiser avant le mois d’avril et surtout sans prendre part.
2. Écouter les acteurs politiques et la société civile : Une transition réussie est inclusive et repose sur un dialogue constructif.
3. Éviter l’autoritarisme : L’usage disproportionné de la force ou des décisions unilatérales ne fera qu’aggraver les tensions sociales.

Ces mesures permettraient de rétablir un véritable « contrat social » entre le pouvoir transitoire et les citoyens.

Il nous faut une Guinée au-delà des Hommes

Force est de rappeller une vérité fondamentale : ni DOUMBOUYA ni CAMARA ne sont supérieurs au peuple qu’ils prétendent servir. L’armée, bien qu’actrice historique en Guinée, ne peut se substituer aux aspirations démocratiques de la population. Les transitions militaires, si elles ne sont pas maîtrisées, risquent de faire de leurs auteurs des prisonniers du pouvoir qui entraîneront la Guinée dans l’agonie et dans l’insécurité perpétuelle.

Pour que l’histoire ne se répète pas, le président Mamadi Doumbouya avec tout le respect que nous lui devons doit comprendre qu’être guinéen, ce n’est pas s’accrocher au pouvoir, mais œuvrer humblement pour le bien commun.
Monsieur le Président Mamadi Doumbouya s’il vous plaît organiser ces élections, allez y vous former à science Po,à Alexandrie, ou au Singapour sur la gouvernance des États modernes, revenez pour participer à la vie publique, nous vous ferons confiance que de cette manière. D’ailleurs je serais honoré en ce moment d’être votre directeur de campagne.

 

Abdoulaye Bademba Diallo
Juriste publiciste et écrivain essayiste

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