Une délégation de l’Organisation des Nations Unies (ONU) en mission en Guinée a rencontré les acteurs politiques et ceux de la société civile la semaine dernière à Conakry. Parmi ceux qui ont été rencontrés, les leaders de l’Union sacrée des forces vives.
L’objectif de la mission était d’évaluer les besoins électoraux, selon Dr Ibrahima Sory Diallo, président du parti ADC-BOC, qui était lui-même à la tête de la délégation des acteurs politiques.
‘’Malheureusement, on les a dit qu’on n’est pas dans un processus pour le moment, parce que le processus électoral n’est pas en cours, il n’y a aucun processus. On les a aussi posés la question sur qui les a invités ? Ils nous ont fait comprendre que c’est le gouvernement. Chacun à tour de rôle, tous les acteurs ont donné leurs points de vue’’, a déclaré Dr Ibrahima Sory Diallo.
Par ailleurs, ils ont salué l’arrivée de la mission, même si cela semble un peu retarder. ‘’Nous avons quand même félicité leur présence, parce que mieux vaut tard que jamais. Malgré qu’il y a un retard énorme avec le retour à l’ordre constitutionnel (…)’’.
L’homme politique n’a pas manqué de faire porter le chapeau de la lenteur du processus à Bah Oury, le premier ministre. ‘’Malheureusement, au niveau de la primature, rien ne va, depuis que ce monsieur est devenu Premier ministre, aucune ligne ne bouge. Donc, c’est pour vous dire que lui-même étant le garant du dialogue social et politique, nous, depuis qu’il est arrivé, nous avons mentionné que ça tangue quelque part. Et qu’il faut que le CNRD qui est l’organe central de la transition se lève pour dire vraiment que la récréation est terminée’’, a-t-il suggéré au CNRD.
La délégation des acteurs politiques, selon le président d’ADC-BOC, a profité de l’occasion pour faire des reproches au gouvernement de la transition du fait qu’il soit unilatérale envers la classe politique.
‘’Nous discréditons la démarche du gouvernement qui ne se concerte même pas avec la classe socio-politique. C’est pourquoi, cette mission onusienne a eu l’ordre de nous rencontrer, parce que c’était vraiment étonnant d’avoir cette rencontre avec les Nations Unies, parce que si les Nations Unies m’appellent à travers l’invite du gouvernement, cependant, que ce gouvernement ne montre pas preuve d’existence du côté politique ou bien du retour à l’ordre constitutionnel, cela constitue un vide institutionnel’’, a-t-il soutenu.
Récemment, l’union sacrée a organisé une conférence de presse réclamant une concertation nationale pour rediscuter du chronogramme de la transition. Dr. Ibrahima Sory Diallo rassure que le rapport fait à cet effet a été présenté à la mission onusienne et le contenu a été bien apprécié.
‘’Il y a de cela un mois, nous avons adressé un document au président de la transition, nous l’avons informé de notre position. Parce qu’il est garant de la transition, il a été informé d’ouvrir une concertation. On avait le document(…) Moi-même j’ai remis le document officiel à la commission onusienne. Rappelons que la commission a beaucoup apprécié son contenu, parce que le contenu campait l’objectif de leur mission chez nous’’, a-t-il fait savoir.
La mission de l’ONU a reçu les acteurs politiques en deux groupes différents. Le coordinateur de l’union sacrée explique cela par le manque d’entente entre les différents leaders.
‘’Il faut noter qu’entre nous acteurs politiques, il y a un problème d’entente. Parce qu’on a été reçu en deux groupes. Il y a le groupe qui a refusé d’aller au dialogue et celui qui a accepté d’y aller’’, a-t-il révélé.
Mohamed FOFANA, pour Lerevelateur224.com.
