Fabriqués à l’aide des pailles et des sacs de riz en plein cœur du centre de la commune urbaine de Kindia, précisément en face de l’école primaire Kindia 1, les lits en paille sont aujourd’hui menacés de disparition par ceux industriels et de la friperie. Malgré la convoitise de bon nombre de citoyens, les fabricants de ces lits sont confrontés à d’énormes difficultés, liées notamment au transport des pailles, mais aussi de la clientèle. Une situation qui impacte leur production et mais également l’écoulement des lits.

Interrogé à son lieu de vente juste à la rentrée du camp kemebourama, Aboubacar Diallo qui fabrique les lits en paille depuis plus 10 ans, est aujourd’hui confronté à un manque de clients, malgré que le prix de ces lits varient entre 160 000 et 200 000 francs guinéens pour les 3 et 4 places.
‘’Vraiment, nous souffrons beaucoup par le manque de la clientèle. Ils viennent nous demander, mais quand tu dis le prix 160 000 GNF pour les 3 places et 200 000 GNF pour les 4 places, ils (clients) disent que c’est trop. Alors qu’on ne peut pas nous aussi dépasser ces prix, parce qu’imaginer là où on prend ces pailles et jusqu’à les transporter en ville ici, ensuite trouver les sacs de riz, coudre et puis en faire un lit. Cela demande tout un calvaire et de la force. Mais ils préfèrent aller acheter les lits d’occasion au marché à un gros prix au détriment de ceux en paille’’, a-t-il expliqué.
Plus loin, notre interlocuteur fait savoir la situation dont il fait face en ce moment. ‘’Aujourd’hui, par la rareté des clients, beaucoup parmi nous sont sortis dans la fabrication de ces lits en paille, parce qu’il y a plus d’écoulement, alors qu’ils ont des familles à nourrir et d’autres à subvenir à leurs besoins quotidiens. Et nous qui sommes restés, c’est par passion et garder l’héritage de nos parents, parce que moi c’est mon père qui m’avait appris à faire ce métier il y a de cela plus de 10 ans’’, ajoute-t-il, tout en lançant une invite aux autorités.
‘’J’invite les autorités à nous accompagner, mais aussi à valoriser nos œuvres, parce que nous aussi nous sommes des artisans dont les œuvres ont été utilisées pendant plusieurs décennies’’, a lancé Aboubacar Diallo.
Depuis Kindia, Amara dji SYLLA, pour Lerevelateur224.com.
