« Il y a des jours où je pense que je vais mourir d’une overdose d’autosatisfaction »,
Dr Salvador Dali a peut-être rencontré Dr Morissanda Kouyaté et d’autres acteurs de la transition en cours avant de faire pareille réflexion, en guise de mea culpa, très bouleversant.
A plus de 70 ans révolus, le ministre des affaires étrangères, vit dans la peur quotidienne d’une retraite gouvernementale qui viendrait plutôt qu’il ne le souhaite. Aussi, espère-t-il, le vieux briscard, qu’on continuera à faire plus de jeunes retraités encore dans la sphère publique de décisions pour le bonheur des vieux actifs comme lui.
Chaque fois qu’un remaniement ministériel est annoncé, dans la cité, comme maintenant, le ministre des affaires étrangères ne tient pas en place, ameute l’opinion, multiplie les appels du pied au locataire du palais Mohamed 5, pour demeurer en cour. Une lutte permanente pour la survie et la longévité à n’importe quel prix. A ce propos, contrairement à ce que ses thuriféraires et lui prétendent, si Morissanda kouyaté n’est pas encore remercié, ce n’est pas pour des états de service satisfaisants, en quoi que ce soit, mais, parce qu’il est passé maître dans l’art de toutes sortes de contorsions qui forcent les faveurs du prince et de son entourage. S’il le faut, prier, si nécessaire, pleurnicher, et si tout cela ne suffisait pas, menacer de mourrir plus tôt que d’être abandonné à son sort et livré à la risée publique. Qu’il se passe des choses incroyables, derrière les rideaux !
Lors de la formation du Gouvernement de Bah Oury qui ne le porte pas dans son cœur, il l’a échappé belle, reconduit dans ses fonctions, in extremis. Celui qui mérite d’être baptisé « Général de la flatterie », même s’il aurait préféré avoir des étoiles dans la diplomatie où il est tombé comme un cheveu dans la soupe, rappelle à qui veut l’entendre qu’il est bon à son poste et n’a pas d’égal dans le gouvernement. Il reste à savoir si c’est dans l’excès de zèle ou l’auto-célébration qui tourne désormais à la dérision qu’il se considère le meilleur d’entre tous. En tout cas, plus narcissique que lui, insatiable d’honneurs et avide de reconnaissance, tu meurs !
Pour sa part, le Ministère des affaires étrangères vient de décerner un satisfecit, un de plus en attendant le prochain, à Morissanda Kouyaté qui inspire et suscite toutes les distinctions en sa faveur pour laisser croire qu’il a du mérite et compte, aux yeux du monde. Les cadres sous son joug, ont compris qu’il faut courtiser le courtisan pour le rassurer et obtenir de lui tout ce que l’on veut, surtout qu’il voit en chacun de ses collaborateurs plus brillants et talentueux que lui, rompus à la diplomatie dont il est un néophyte, un potentiel successeur, un rival dangereux. Il veut être le seul à briller, à avoir les projecteurs braqués sur lui. Personne d’autre que lui n’a droit à la lumière, aux hommages, à la sollicitude du palais. Le ministre se veut le centre du monde et au cœur de toutes les attentions, et pour cela déborde d’imagination et d’énergie. Il oublie que l’on sait déjà que tout ce qui brille n’est pas de l’or. On en a la confirmation avec lui.
La diplomatie de tous les pays en transition se porte mieux que la nôtre alors qu’on est logé à une meilleure enseigne et depuis le début, rien à voir avec un ministre, la communauté internationale s’est montrée conciliante et bienveillante avec la Guinée. Il n’empêche que ce sont les autres qui entrent dans les palais les plus fermés et brillent davantage sur la scène internationale. Par exemple, le Gabon, n’a pas été assujetti à des sanctions, aucune, même symbolique après le coup d’Etat intervenu dans le pays. Le Président de la transition est reçu partout, le bienvenu dans toutes les rencontres. Morissanda est le chef de la diplomatie gabonaise ? En vérité, le nouvel ordre mondial privilégie le dialogue et la coopération avec tous les États aux mesures punitives et restrictives d’antan. Qu’on n’arrête donc de jouer avec l’intelligence des Guinéens et la bonne foi de leurs dirigeants très peu imprégnés des mutations dans les relations internationales, des subtilités de la diplomatie moderne et actuelle.
« Tout flatteur vivant aux dépends de celui qui l’écoute » , Morissanda vit aux dépends du Général Mamadi Doumbouya, ses collaborateurs, à lui aussi, vivent à son crochet. Juste retour des choses à un moment où le pays vit à l’heure de qui flatte mieux que l’autre, est plus doué que l’autre pour les courbettes, les pirouettes, les actes de sujétion et d’allégeance. C’est plus rentable de plaire aux décideurs et à leur suite en excellant dans la démagogie et l’idolâtrie que d’avoir des aptitudes et des compétences averées pour sevir dans la loyauté et avec efficacité. Alors chacun flatte l’ego de l’autre dans un échange de bons procédés ou si l’on veut dans un jeu de dupes. Tous, s’inventent une histoire à l’eau de rose pour se donner le sentiment d’être important et convaincre l’opinion d’exister , voire d’être une personne providentielle. Comme tout cela ne repose sur rien, on n’en retiendra absolument rien dans l’avenir et c’est déjà passé.
La propagande, comme une traînée de poudre, peut se répandre vite, comme un feu de paille, s’éteint vite aussi. Rendez-vous, dans le temps !
Thierno Hassan Sakho
